Au cœur des Pyrénées, trois grottes du Comminges, au sud de la Haute-Garonne, ont subi des actes de vandalisme choquants, laissant témoigner d'un profond mépris pour notre héritage culturel. Les dégradations, comprenant des peintures murales, des cristaux arrachés et des stalactites brisées, ont été mises au jour par des membres de la Société Méridionale de Spéléologie et de Préhistoire durant l'été dernier.
Le président de l'association, Daniel Quettier, exprime son « stupéfaction » face à ces actes. Au fil des visites, les membres ont constaté l'ampleur des dégâts, les forçant à faire appel aux autorités. « Nous n'avions jamais été confrontés à ça. Il a fallu que nous retournions à plusieurs reprises pour réaliser toute l'étendue des dégradations », confie-t-il.
Les dégâts dans ces vastes cavités, qui atteignent jusqu'à dix mètres de haut, sont largement alarmants. « Certaines zones présentent des fouilles sauvages, tandis que d'autres ont vu leurs formations minérales brisées », ajoute Quettier. Des œuvres, habituellement respectées, ont été altérées par des actes de peinture, laissant des traces qui rappellent les fresques rupestres, mais qui sont en réalité le fruit d'une créativité destructrice.
Des grottes isolées, mais connues des gens du coin
Malheureusement, ces grottes mériteraient mieux. À peine répertoriées dans les bases de données, elles restent méconnues des passionnés de spéléologie. Cependant, les habitants de la région les fréquentent. « L’accès demande environ trois quarts d'heure de marche, elles ne sont pas accessibles en voiture », précise Quettier. Les dégradations pourraient être anciennes, et des déchets abandonnés dans les lieux témoignent d'un manque de respect pour l'environnement.
Les visites des lieux, souvent organisées en petit nombre, révèlent une planification dans le vandalisme. « Pour réaliser des peintures de cette ampleur, les intrus ont dû préalablement se familiariser avec les lieux », observe Quettier, soulignant qu'ils ont utilisé des pochoirs et de la peinture en bombe.
En réponse à cette situation, une plainte formelle a été déposée par l'association, soutenue par le Comité Spéléologique Régional d'Occitanie, tandis que l'Office National des Forêts (ONF), propriétaire des terrains, a également exprimé sa préoccupation et s'est engagé à renforcer les mesures de protection. Avec plus de 1.800 cavités recensées entre Saint-Martory et la frontière espagnole, la préservation de ce patrimoine unique est plus urgente que jamais.







