Paris (France) – Le futur PDG de la RATP, Xavier Piechaczyk, a affirmé que sa première priorité sera de s'attaquer aux violences dans les transports en Île-de-France, notamment les agressions sexuelles. Cette déclaration a été faite devant les députés mercredi, après l'approbation de sa candidature par le Parlement.
« Huit actes de violence par jour sur notre réseau de RER et de métro, c'est inacceptable », a souligné M. Piechaczyk, également à la tête de RTE, le gestionnaire du réseau électrique à haute tension en France. Tout en souhaitant poursuivre le travail entrepris par Jean Castex sur le dialogue social et l'attractivité des métiers, il insiste sur l'importance de renforcer la sécurité des voyageurs et des employés.
Pour atteindre cet objectif, il met l'accent sur la nécessité de former les employés, d'écouter les victimes et de travailler à une dissuasion efficace et à des mesures répressives. « Nous devons être à la hauteur des attentes. » Il a également pris un engagement personnel pour lutter spécifiquement contre les agressions sexuelles.
M. Piechaczyk évoque aussi l'importance d'une coordination efficace entre les différentes forces de sécurité, telles que le Groupe de protection et de sécurité des réseaux (GPSR), la police et la sécurité privée. Les ressources doivent être judicieusement déployées « aux abords et dans les transports », dit-il.
Une urgence à traiter
Reconnaissant le sentiment d’insécurité croissant, il considère cette situation comme une « urgence ». Il est également ouvert à l'utilisation de l'intelligence artificielle pour détecter les comportements suspects dans les transports, tant que cela se fait dans un cadre démocratique.
« La sécurité doit être notre priorité », affirme le futur PDG.
M. Piechaczyk souligne que le problème de sécurité dans les transports affecte en particulier les travailleurs à horaires décalés qui n'ont d'autre choix que d'utiliser les transports publics tard dans la nuit. Cela constitue une forme d'injustice vis-à-vis des catégories les plus modestes de la population.
Concernant la sécurité physique, il a reconnu qu'il n'y a pas encore de plan systématique pour l’installation de portes palières sur les quais, bien que ces dispositifs soient prévus dans des projets d'automatisation, notamment pour certaines lignes de métro.
Sur le plan environnemental, il a mentionné un programme visant à renouveler les freins des RER et des métros, afin de diminuer les émissions de particules fines dans les rames. M. Piechaczyk estime que la RATP doit améliorer la ventilation et la filtration de l'air dans les véhicules, face à des préoccupations croissantes concernant la qualité de l'air. Le député RN du Gard, Pierre Meurin, a exprimé son intérêt pour ces questions durant l'assemblée.
Socialement, le responsable a affirmé qu'il s'attaquera aux défis liés à l’ouverture à la concurrence de la RATP, ancienne régie de monopole, notant que l'entreprise emploie 73 000 salariés dans le monde, dont 40 000 en France. M. Piechaczyk a réfléchi aux conditions de transfert pour les employés lorsque l'organisation fera face à de nouveaux appels d’offres, avec quatre transferts prévus entre mars et novembre de cette année.
En matière de résilience face aux changements climatiques, M. Piechaczyk a l'intention de consacrer des efforts à l'élaboration d'un plan à long terme, afin d'assurer la durabilité des infrastructures de transport durant des événements climatiques extrêmes.
« Il faut reconnaître qu'il reste beaucoup à faire », conclut-il.







