Stella Carlson, habillée d'une veste rose emblématique aux yeux du monde entier, est l'une des témoins essentiels de la tragédie survenue le 24 janvier à Minneapolis. Ce jour-là, Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, a perdu la vie sous les balles des agents fédéraux de l'immigration. Plus de trois jours plus tard, Stella exprime son inquiétude face à l'absence totale de contact de la part des enquêteurs responsables de ce drame.
Dans un entretien avec CNN, elle confie : "J'ai témoigné sous serment peu après les faits, mais je n'ai eu aucun retour." Cette négligence alimente sa méfiance envers l'enquête fédérale.
Le matin tragique, alors qu'elle se rendait à son travail, Stella a entendu des sifflements, un signe d'alerte qui annonce l'arrivée imminente des agents d'immigration. En s'approchant de Nicollet Avenue, elle a aperçu une agression en cours, où un homme semblait gérer la circulation : "Je pensais qu'il tentait d'évaluer la situation pour aider", souligne-t-elle à propos de Pretti.
"Il n’a jamais brandi son arme"
Surpris par la scène, elle a décidé de filmer. Les images capturées apportent un éclairage saisissant sur l’événement, contredisant la version officielle. "Il n'a jamais brandi son arme. J'ignorais même qu'il en possédait une", déclare-t-elle. Selon son récit, l'agent a extrait le pistolet de Pretti quelques secondes avant qu’il ne soit plaqué au sol et abattu, y compris par balles dans le dos.
"J’ai vu son corps se plier, sa tête retournée. À ce moment-là, j'étais convaincue qu'il ne survivrait pas", se remémore-t-elle, décrivant la scène déchirante où les premiers secours étaient menés de manière chaotique, les agents "manipulant son corps comme une poupée de chiffon".
Dans le sillage de cette tragédie, la vidéo a suscité une onde de choc à l’échelle nationale, exacerbée par la récente disparition de Renee Good, elle aussi tuée par des agents d'immigration. Face à la situation, la Maison Blanche a réagi en retirant Greg Bovino, le directeur des opérations de la police aux frontières au Minnesota, tandis que le président Donald Trump appelait à une "désescalade" nécessaire.
Confiance rompue
Un rapport préliminaire du ministère de la Sécurité intérieure, relayé par divers médias, indique que deux agents ont ouvert le feu cinq secondes après qu'un collègue a crié "il a un flingue". Cependant, les vidéos remettent en question la notion que Pretti représentait une menace imminente, malgré le fait qu'il ait légalement porté une arme.
Stella Carlson a désormais perdu confiance dans l’enquête fédérale, déclarant : "Je fais aujourd'hui confiance à des représentants à travers le pays qui s'efforcent d'établir la justice. Ce jour-là, je suis restée là parce que je savais que c'était un moment qui nécessitait du courage." Son histoire résonne dans un contexte où les tensions sociales demeurent palpables, rappelant à tous l'importance d'une enquête transparente et équitable.







