Après une journée d'école au collège Maintenon à Perpignan, Alexandre, élève de cinquième, aspire à une chose : « aller aux toilettes ! » Pourtant, il refuse de s'y rendre depuis que les portes ont été retirées. « Des élèves de troisième ont tout détruit cet automne et depuis, il n’y a plus de portes ! » Il se lève chaque jour à 6h50 pour rejoindre le collège et ne rentre parfois qu'à 18h. « J'arrive à me retenir », admet-il. En cas de besoin urgent, il explique comment lui et ses amis tentent de protéger l'intimité de ceux qui doivent s'aventurer dans ces lieux.
Cette technique de se cacher dans le cadre de la porte, cependant, pose problème. « Un jour, un gars était sur les toilettes, et son ami essayait de le cacher. D'autres sont arrivés, ont bousculé tout le monde et ont même filmé la scène. C'était humiliant. Moi, je n'y vais plus du tout. Parfois, on a mal au ventre toute la journée, ce n'est pas normal », se plaint Clément, un autre élève de cinquième.
Le collège Maintenon, qui accueille 630 élèves, fait l’objet de récriminations de la part des parents concernant la situation inadmissible des toilettes. « C'est hallucinant, un scandale même ! Imaginez un enfant souffrant d'une gastro, que doit-il faire ? » s'interroge une mère d’élève. Elle souligne également le manque de communication de la direction, estimant que les parents n'ont pas été informés de cet incident inacceptable, qui semble avoir été ignoré.
Une réponse du chef d'établissement
Jean-Pierre Mazeau, le chef d'établissement, se dit « désolé » de la situation. Il explique qu'après des rénovations cet été pour les toilettes des filles et des garçons, le coût des travaux s'élevait à 26 000 euros, mais que les nouvelles portes ont été vandalisées. « Nous cherchons maintenant des solutions durables. J'ai demandé l'installation de portes qui résistent à un tank », insiste-t-il, soulignant que cela coûtera cinq fois plus cher.
Les nouvelles portes, plus robustes, devraient être mises en place durant les vacances scolaires de février. Mais Jean-Pierre Mazeau reconnaît que « c'est toujours trop long » en cas de vandalisme.
Un enjeu plus large
La problématique des toilettes scolaires ne se limite pas au collège Maintenon. Les problèmes d'hygiène, d'intimité et de violence dans les toilettes sont fréquents dans les Pyrénées-Orientales. Florent Martin, proviseur du lycée d'Argelès-sur-Mer, affirme : « C'est un problème national. C'est un enjeu de santé pour les élèves et un enjeu pour le climat scolaire, car les toilettes peuvent être le théâtre de diverses dérives. » Il met également en lumière le manque de surveillants, qui pourrait contribuer à la dégradation des installations.
« En collège, il est crucial que les toilettes soient surveillées, mais souvent, cela n'est pas possible. Les déchets sont une conséquence directe du manque de moyens humains », conclut Florent Martin.







