Les inquiétudes grandissent parmi les agriculteurs de l'Hérault avec le retour du mildiou, une maladie fongique néfaste, exacerbée par les fortes pluies des derniers jours. Les techniciens de la chambre d’agriculture ont signalé des signes préoccupants dans certaines vignes et exploitations maraîchères.
Jérôme Despey, président de la chambre d'agriculture de l'Hérault, a exprimé ses préoccupations : "J'ai sollicité la préfète ainsi que le ministre de l'Agriculture pour prolonger l'arrêté qui permet le traitement par drones, car les conditions actuelles rendent l'accès par tracteur impossible." Les sols sont tellement détrempés que tout passage pourrait entraîner des dégâts supplémentaires.
Période critique pour les cultures
Les maraîchers sont en alerte. Jean-Pierre, un producteur basé à Lansargues, rappelle l'importance de surveiller attentivement les cultures. "Avec la combinaison de la pluie et de la chaleur, le mildiou peut rapidement s'installer. En cultivant bio, nous avons très peu d'options de traitement. Actuellement, nous utilisons du cuivre, mais c'est plus un préventif qu’un curatif. Si la maladie se développe, ce serait désastreux pour nous," déclare-t-il.
Les semences de melon, particulièrement fragiles, courent un risque accru. Alors qu'il décrit une saison perturbée, il partage une autre inquiétude : "Les abeilles, essentielles pour la pollinisation, ne travaillent pas quand il pleut, ce qui pourrait influer sur notre production. On s’attend à des fluctuations majeures, ce qui entraînera aussi des hausses de coûts pour l’embauche de saisonniers."
Marcia, une maraîchère de Valergues, fait face à des défis encore plus importants. Ses champs de fraises sont impraticables, submergés par l'humidité. "La fraise n’apprécie pas l’eau. Au moindre excès, elle devient molle et impropre à la vente. Je suis déjà confrontée à des pertes conséquentes," explique-t-elle. Marcia envisageait des investissements dans des serres hors-sol, une option plus protectrice mais dont le coût est prohibitif, atteignant jusqu'à 200 000 euros par hectare.
La situation est donc préoccupante pour de nombreux producteurs qui doivent jongler avec les caprices de la météo et les aléas de la culture, alors que le spectre du mildiou plane sur leurs exploitations. Les mesures à prendre et le soutien dont ils auront besoin seront cruciaux pour surmonter cette crise.







