Cet important vol de produits cosmétiques de luxe à Serris met en lumière la persistance du phénomène de vol de fret. Les enquêteurs privilégient les pistes de la complicité interne et du recel sur les réseaux sociaux.
Alors que la période festive s'éloigne, les voleurs de fret continuent d'opérer. Le 12 janvier dernier, un chargement de produits Dior, estimé à un million d'euros, a été dérobé dans les entrepôts Schenker de Serris, en Seine-et-Marne.
Il est 4 heures du matin lorsqu’un tracteur Renault pénètre dans l'enceinte logistique de l'avenue Louise Amélie Lebois, attenant une remorque chargée de vingt-six palettes de produits de beauté fraîchement arrivés, seulement quatre jours auparavant. C'est plus tard dans la matinée que les responsables constatent le vol et alertent les autorités.
Grâce aux enregistrements de vidéosurveillance, les forces de l'ordre découvrent que le voleur a utilisé un badge pour contourner le contrôle de sécurité. La remorque, munie d'une balise GPS, est rapidement localisée à Mitry-Mory vers 6 heures du matin, dans une rue isolée, vide et abandonnée.
Les enquêteurs du commissariat mènent les investigations en se concentrant sur deux pistes majeures : le recel, pour identifier les revendeurs de produits Dior en ligne, et une éventuelle complicité interne, cherchant à déterminer qui a permis aux malfaiteurs d'accéder à cette marchandise précieuse.
Une activité prisée en Île-de-France
Le vol de fret devient une entreprise accessible et lucrative pour les criminels en quête de gains rapides. La majeure partie de ces délits s'opère en grande couronne de l'Île-de-France, où entrepôts et camions abondent. Pour contextualiser, le 13 janvier, deux chauffeurs de poids lourds ont été braqués à Bonneuil-en-France (Val-d'Oise), entraînant un préjudice évalué entre 4 et 5 millions d'euros de matériel Apple. À la fin décembre, 50 000 objets multimédias ont été volés dans un entrepôt à Dugny (Seine-Saint-Denis), représentant une perte d'environ 37 millions d'euros.
Les voleurs écoulent ensuite la marchandise sur le marché noir à des prix dérisoires, souvent pour un tiers de sa valeur initiale. Même en cas d'interpellation, le risque pénal reste faible, car ces délinquants n'ébruitent jamais leur arme.







