Chaque jour, des milliers d'étrangers se pressent à la frontière avec le Zimbabwe pour quitter l'Afrique du Sud, exacerbés par un mouvement qui prône le départ des migrants illégaux. Officiellement, les autorités sud-africaines parlent de 53 000 départs, mais cette estimation pourrait être bien inférieure à la réalité, avec des rapports de plus de 78 000 retour au Zimbabwe seulement, selon The Herald.

Ce phénomène d'exode forcé prend de l'ampleur. En réponse aux tensions croissantes, sept pays africains, incluant le Malawi et le Mozambique, organisent des rapatriements volontaires. Un mouvement mené par l'organisation March and March a incité les autorités à agir rapidement, appelant au départ des étrangers illégaux de manière urgente.

À Durban, des milliers de Malawites se retrouvaient dans un camp de fortune, attendant leur rapatriement alors que les structures officielles devenaient rapidement saturées, selon Sunday Times.

Un traitement accéléré face à une situation critique

Les autorités sud-africaines ont réagi en mettant en place un centre temporaire à Beitbridge, où l'immigration traite plus de 1 000 dossiers par jour. Malgré ce soutien logistique, de nombreux migrants, principalement Zimbabwéens, continuent de camper à l'extérieur des centres de rapatriement, comme le rapportent des médias tels que EWN.

Les organisations humanitaires, pourtant présentes sur le terrain, décrivent une situation précaire avec des installations sanitaires largement insuffisantes. "Nous fournissons du savon et de l'eau potable pour tenter de prévenir les maladies", déclare Nithaam Bawa de Gift of the Givers.

Des violences inexcusables envers les migrants

Les départs massifs sont exacerbés par la violence à l'encontre des migrants, qui subissent harcèlement et agressions. Dans certaines provinces, des groupes locaux prennent l'initiative de livrer des étrangers aux autorisés, créant un climat de peur. Un témoignage déchirant d'une femme zimbabwéenne traduit ce désespoir : "Nous avons tout perdu. Nous ne sommes partis qu'avec les vêtements que nous portons maintenant". Les statistiques du ministère de l'Intérieur indiquent que depuis le 14 juin, plus de 44 000 personnes ont été rapatriées, illustrant l'ampleur de cette crise migratoire.