Vendredi dernier, le tribunal administratif de Grenoble a suspendu le permis de construire d'un centre de données destiné à l'intelligence artificielle à Alixan, en raison d'une étude d'impact environnemental jugée insuffisante. Le juge des référés a décidé de cette suspension en attendant un jugement définitif, soulignant le risque potentiel de dommages à l'environnement, qui aurait dû être évalué avant toute autorisation de construction.
Ce projet ambitieux, porté par la start-up marseillaise Sesterce, prévoyait d'être implanté sur le site de Rovaltain, à proximité de la gare TGV de Valence. Initialement, il devait fonctionner avec une puissance de 40 mégawatts, pouvant être portée à 80 MW. Toutefois, le collectif Assez Datacenters Rovaltain, regroupant des riverains et des associations telles que Les Amis de la Terre et Attac, a saisi le tribunal pour contester le projet, exprimant des inquiétudes quant à son impact environnemental et à des nuisances jugées « extrêmement élevées ».
Les motifs de la contestation
Les contestataires craignent non seulement des nuisances sonores, mais aussi une potentielle élévation des températures dans un rayon de 200 mètres autour du centre. Comme l'a précisé le juge dans sa décision, les centres de données nécessitent d'énormes capacités d'alimentation électrique, entraînant une puissance thermique nominale encore plus élevée.
Il est impératif qu'une étude d'impact environnemental complète soit réalisée pour évaluer les effets possibles sur les écosystèmes, les ressources naturelles, les nuisances, les émissions ou encore les risques associés. Le magistrat a également évoqué un possible non-respect des réglementations urbanistiques, laissant la légalité du permis de construire en suspens.
La décision du tribunal souligne l'importance d'un équilibre entre le développement technologique et la préservation de l'environnement, une question de plus en plus cruciale dans un monde où la durabilité est au cœur des préoccupations.







