À partir de lundi, New Delhi devient le centre névralgique de l'intelligence artificielle, accueillant une vingtaine de dirigeants et responsables d'entreprises de premier plan. Sous l'égide du Premier ministre indien Narendra Modi, la rencontre a pour objectif d'élaborer une "feuille de route commune pour la gouvernance et la collaboration" mondiale sur l'intelligence artificielle.
Le sommet, prévu ce 16 février, ambitionne d'aborder des enjeux variés allant de la protection de l'enfance à l'impact environnemental de l'IA. Toutefois, les attentes en matière de résultats concrets pourraient ne pas être à la hauteur des ambitions affichées.
Parmi les participants se trouvent des figures emblématiques telles que Sam Altman d'OpenAI, Sundar Pichai, le PDG de Google, et Jensen Huang, le fondateur de Nvidia. Tous sont conscients des profondes transformations que la technologie leur apporte.
Le Premier ministre Modi prévoit de travailler à partir de jeudi sur une "feuille de route" axée sur des engagements concrets pour une gouvernance de l'IA, comme annoncé par les organisateurs du sommet. Cependant, la question de savoir si des mesures concrètes émergeront reste ouverte, comme le souligne Amba Kak, co-directrice de l'institut AI Now.
"Les précédentes rencontres ont souvent abouti à des engagements sans réelle force contraignante," déclare cette experte de la régulation de l'IA. Elle ajoute que le secteur navigue entre innovation et autorégulation, sans contrôle suffisant.
Alors qu'un sommet sur l'IA s'est tenu à Paris l'année dernière, où des dizaines de pays avaient signé une déclaration promettant une IA éthique et inclusive, les États-Unis et le Royaume-Uni avaient fait valoir leurs préoccupations concernant une réglementation excessive.
La difficulté des consensus se fait d'autant plus sentir en matière de protection de l'enfance, exacerbée par des scandales récents liés aux contenus générés par l'IA. Kelly Forbes, directrice de l'AI Asia Pacific Institute, insiste sur l'urgence d'une régulation dans ce domaine : "Les risques numériques pour les enfants sont plus présents que jamais. Il est crucial d'agir rapidement pour instaurer des protections."
Lors de ce sommet, l'Inde se positionne comme un acteur clé. Seule nation en développement à organiser cet événement, elle aspire à renforcer sa place sur l'échiquier mondial de l'IA. Selon le ministère des Technologies de l'information, le sommet visera à établir une vision partagée qui bénéficie à tous.
Bien que l'Inde ait grappillé la troisième place dans le classement mondial des compétitivités en matière d'IA de l'université de Stanford, elle doit encore surmonter de nombreux défis pour rivaliser avec des puissances comme les États-Unis et la Chine. Ni Donald Trump ni Xi Jinping ne feront le déplacement, laissant leurs représentants porter la voix de leurs nations.
Avec AFP







