La dernière publication des données économiques révèle un très léger sursaut du Produit intérieur brut (PIB) japonais, enregistré à 0,1 % pour le dernier trimestre 2025, sous l’impulsion des mesures de relance mises en place par la Première ministre Sanae Takaichi. Cette croissance, bien que positive, apparaît en deçà des attentes des économistes, qui anticipaient une hausse de 0,4 % pour la même période, et reflète une embellie timide après une contraction de 0,7 % au troisième trimestre 2025.
Pour l’ensemble de l’année 2025, la quatrième économie mondiale a affiché une croissance de 1,1 %, timide mais encourageante, après un repli de 0,2 % en 2024. Cette tendance souligne les enjeux économiques liés aux politiques gouvernementales et aux pressions externes que le pays doit surmonter.
En tant que première femme à diriger le Japon, Sanae Takaichi a mis en avant un important plan de relance de 117 milliards d'euros, intégrant des subventions énergétiques et des aides directes aux ménages. Ces mesures visent à offrir un répit aux consommateurs face à une inflation qui demeure supérieure aux attentes de la Banque du Japon, avec des prix à la consommation en hausse de 2,4 % en décembre, selon des statistiques officielles.
Malgré ces initiatives, la consommation des ménages montre des signes de faiblesse, avec une baisse de 0,3 % constatée sur l'année écoulée. Les économistes d'UBS soulignent que l'administration Takaichi doit impérativement stimuler l'investissement intérieur pour contrer le déclin économique, tout en gardant à l'esprit les risques de l'accumulation de la dette et de l'inflation.
Face aux défis politiques et économiques, Takaichi a promis une exonération de la taxe à la consommation sur les produits alimentaires pendant deux ans, espérant ainsi encourager la consommation. Alors que le budget pour 2026 se profile à l'horizon, le gouvernement s'apprête à annoncer un budget record.
L’année passée ne fut pas qu’un exercice d’austérité ; le Japon a également dû composer avec les impacts de l’offensive commerciale initiée par Donald Trump, qui a affecté ses exportations, essentielles à sa croissance. Un accord commercial signé en été avait fixé des droits d'importation à 15 %, mais les exportations vers les États-Unis ont malgré tout chuté de 11,1 % en décembre.
Pour couronner le tout, les tensions géopolitiques croissantes avec la Chine ajoutent une couche d’incertitude, exacerbée par des restrictions commerciales renforcées et une diminution du flux touristique chinois, traditionnellement vital pour le Japon.
À l’issue de ces événements, le Japon se retrouve à un carrefour, entre la nécessité de relancer son économie et les obstacles structurels qui pourraient freiner son élan. La trajectoire de croissance souhaitée dépendra de la capacité du gouvernement à répondre à ces défis économiques tout en rassurant les marchés.







