Dans un acte visant à rétablir « la vérité historique », le Ghana prévoit de déposer une résolution en mars à l'Assemblée générale des Nations Unies pour qualifier la traite des esclaves africains comme « le plus grave crime contre l’humanité », a déclaré le président ghanéen John Mahama lors d’un sommet de l'Union Africaine à Addis-Abeba.
« Cette initiative est davantage qu'une simple résolution ; c'est une démarche pour mettre en lumière une des plus grandes injustices que l'humanité ait jamais connue », a affirmé Mahama, renforçant l'espoir que la vérité sur la traite transatlantique soit enfin reconnue. Selon lui, le soutien de l’Union Africaine (UA) est crucial pour mener à bien cette mission.
Le Ghana, pionnier de l'indépendance africaine
La résolution, visant à officialiser la traite des esclaves comme un crime contre l'humanité, met également en avant l’héritage historique du Ghana, premier pays africain à accéder à l’indépendance en 1957. Le fort de Cape Coast, ancien site de la traite négrière, fait partie du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979.
Nana Akufo-Addo, prédécesseur de Mahama, avait récemment appelé à une initiative globale pour obtenir des réparations pour le préjudice causé par l'esclavage et la colonisation, mettant en lumière les millions de personnes touchées par ce commerce inhumain.
Rétablir la vérité historique
Mahama a insisté sur l'importance de cette résolution, non seulement pour évoquer des compensations financières, mais surtout pour « rétablir la vérité historique ». « Notre but est de soumettre cette résolution à l'Assemblée générale de l'ONU et de faire reconnaître les injustices que la traite des esclaves a infligées à des millions de personnes », a-t-il déclaré.
Il a également souligné que l'adoption de cette résolution ne servira pas à effacer l’histoire, mais au contraire à la reconfirmer, en reconnaissant les atrocités commises. “La traite des esclaves est le plus grand crime contre l'humanité, et le monde doit l'accepter”, a-t-il conclu.







