La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, se prépare à effectuer une visite attendue aux États-Unis pour rencontrer Donald Trump, comme l'a récemment confirmé un représentant de la Maison-Blanche. Ancienne vice-présidente de Nicolás Maduro, capturé par les forces américaines le 3 janvier, elle demeure sous le coup de sanctions américaines, ce qui rend cette rencontre d'autant plus significative.
Lors d'une allocution à des élus locaux, Delcy Rodriguez a évoqué un "processus de dialogue" sans préciser sa visite imminente. Elle a déclaré : "Nous sommes engagés dans une démarche diplomatique avec les États-Unis, visant à aborder nos divergences par une voie apaisée". Si son déplacement se concrétise, il constituerait la première visite d'une dirigeante vénézuélienne aux États-Unis depuis plus de 25 ans, à l'exception des participations de présidents aux réunions de l'ONU à New York.
Un précédent diplomatique marqué par les tensions
Cette possible rencontre symbolise un changement de ton dans les relations entre Washington et Caracas ; le président Donald Trump a affiché une volonté d'opérer avec pragmatisme. Son intérêt pour le pétrole vénézuélien semble être un élément clé de cette dynamique. Toutefois, Trump a émis des réserves sur le rôle dans le pays de Maria Corina Machado, considérée comme une figure importante de l'opposition.
La dernière interaction officielle entre un président vénézuélien et un président américain date des années 90, lorsque Carlos Andres Perez avait dialogué avec George H. W. Bush. L’arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez avait marqué un tournant, détériorant les relations entre les deux pays, marquées par des tensions constantes.
Des concessions pour apaiser les tensions
Investie le 5 janvier, Delcy Rodriguez a entrepris de multiples concessions sous l'influence des États-Unis, Trump brandissant la menace d'une intervention face à toute opposition. Parmi ses engagements, elle a signé des accords concernant le pétrole et promis la libération de certains détenus politiques, tout en écartant Alex Saab de ses fonctions gouvernementales. Les expulsions de migrants vers le Venezuela ont également repris, montrant un désir de normaliser les relations avec les États-Unis.
Cependant, les libérations de prisonniers politiques demeurent peu nombreuses. Selon des ONG, environ 150 des plus de 800 détenus politiques seraient libérés, soulevant des préoccupations quant au respect des droits humains dans le pays. Rafael Tarazona, frère du militant Javier Tarazona, a exprimé son espoir de voir son frère rapidement relâché. Pour sa part, Diego Casanova, du Comité pour la libération des prisonniers politiques, affirme que « l’engagement d’un pardon général pour les prisonniers politiques au Venezuela n’a toujours pas été honoré ».
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