Les États-Unis ont révélé, le 21 janvier, des opérations visant à transférer jusqu'à 7 000 prisonniers de l'organisation État islamique (EI) de Syrie vers l'Irak. Ce mouvement survient dans un contexte d'affrontements entre l'armée syrienne et les forces kurdes, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité des camps de détention.
Cette décision fait suite à l'évaluation par Washington que « la mission initiale » des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, est largement terminée. Damas, avec la capacité de garantir la sécurité, s'apprête à prendre en main le contrôle des centres de détention actuellement sous l'autorité kurde, selon des sources militaires américaines.
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a indiqué avoir déjà transféré 150 combattants de l'EI de la prison de Hassaké vers un site sécuritaire en Irak. « Assurer le transfert sécurisé de ces détenus est primordial pour prévenir des évasions qui pourraient constituer une menace pour les États-Unis et la sécurité globale de la région », a déclaré l'amiral Brad Cooper, commandant du Centcom.
Rôle de la Syrie dans la gestion des prisonniers
Avec l'intensification des opérations de l'armée syrienne dans le Nord-Est, le président Ahmed al-Chareh semble déterminé à étendre son autorité sur le pays. Historiquement, les Kurdes avaient établi une zone autonome couvrant une partie significative du territoire pendant la guerre civile. Toutefois, un nouvel accord imposé par Damas stipule que l'État syrien deviendra « responsable » des prisonniers de l'EI, ce qui constitue un revers pour les Kurdes qui se sentent abandonnés par leurs alliés américains.
Des sources locales rapportent que les FDS se sont déclarées « contraintes de se retirer » du camp d'al-Hol, le plus grand camp de détention de djihadistes, pour défendre leurs positions face à la menace de l'armée.
Les menaces d'évasions
Dans ce contexte, les forces kurdes ont récemment subi une attaque de l'armée syrienne au niveau de la prison de Chaddadi, tandis que le gouvernement accuse les FDS d'avoir orchestré des évasions de détenus de l'EI. Le ministère intérieur syrien a annoncé que 120 membres de l'EI avaient réussi à s'évader, ajoutant que 81 d'entre eux ont été appréhendés.
Dans une déclaration antérieure, l'ancien président Donald Trump avait affirmé avoir « arrêté une évasion » de « terroristes européens », en coordination avec les autorités syriennes. Alors que la situation demeure tendue, les forces de sécurité de Damas ont débuté leur déploiement autour de la prison d'Al Aqtan, encore sous contrôle des Kurdes.
Alors que les deux camps tentent de stabiliser leurs positions, il est à noter qu'une récente trêve a été annoncée, même si les deux partis continuent de s'accuser mutuellement de violations. Les tensions actuelles soulignent un besoin urgent de voir comment la communauté internationale, notamment les États-Unis, réagira à cette dynamique complexe en Syrie.







