Le climat d'inquiétude grandit en Syrie concernant la fuite potentielle de djihadistes de Daesh. Depuis plusieurs jours, des affrontements éclatent entre les forces kurdes, qui ont longtemps contrôlé la région, et l'armée syrienne qui vise à reconquérir des territoires clés. Parmi les enjeux critiques, les prisons, jadis sécurisées par les Kurdes, où des milliers de membres de l'État islamique sont détenus, sont désormais le théâtre de ces tensions.
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À Chaddadi, des systèmes carcéraux ont été abandonnés dans l'urgence, avec des cellules vidées. Plus d'une centaine de djihadistes se sont échappés de cette prison du nord-est de la Syrie durant les combats. Aucun Français ne figure parmi ces fugitifs. Ces évadés ont profité des combats entre les forces kurdes et l'armée de Damas, qui tente de réaffirmer son autorité.
La gestion d'anciens djihadistes dans ce chaos est un véritable casse-tête. Suite aux affrontements, il a également été rapporté que les Kurdes ont dû abandonner le camp d'Al-Hôl, qui abrite près de 24 000 femmes et enfants de combattants syriens et irakiens. L'armée syrienne, déployée en force, tente de démontrer son contrôle, mais un nombre indéterminé de prisonniers semble s'être évadé. Celles qui sont restées espèrent une réévaluation de leur statut.
"Le camp nous a détruits. On n'est pas sortis depuis qu'on est arrivés. On n'a reçu aucune éducation", témoigne une détenue. Les dizaines de Françaises et les 110 enfants retenus se trouvent dans un autre camp, à Roj, maintenu pour l'heure sous la tutelle kurde. Leurs familles, en quête d'informations, s'inquiètent : "La région est à présent de nouveau en proie au chaos et à la guerre. Il est temps de rapatrier toutes les familles détenues dans le camp", réclame un collectif sur X.
"Il est dans l'intérêt de Damas de garder les djihadistes sous cloche"
La question de la bienveillance potentielle de Damas envers ces prisonniers, notamment alimentée par le fait que le président al-Sharaa a lui-même eu des liens avec le djihadisme, reste en suspens. D'un autre côté, ce dernier s'est allié à la lutte contre Daesh pour affirmer sa volonté de sécurité. Comme le souligne Wassim Nasr, journaliste chez France 24, "Il est dans l'intérêt de Damas de garder les djihadistes sous cloche, qu'ils soient français, irakiens ou américains. C'est primordial pour régler le problème des camps".
Dans un développement connexe, les forces américaines ont débuté le transfert d'une centaine de prisonniers vers l'Irak, un pas vers le déchargement du pouvoir syrien tout en visant à maîtriser la sécurité régionale. Environ 7 000 combattants pourraient être concernés au total. Précédemment, une cinquantaine de Français avaient déjà été rapatriés en Irak l'été dernier.







