Propulsée par un flux constant de contrats de défense, l'industrie navale française affiche un dynamisme remarquable depuis 2020, dans un contexte mondial jugé "chaotique" par Pierre Eric Pommellet, président du groupement des industries navales (Gican).
En 2024, le chiffre d'affaires du secteur a enregistré une augmentation de 5 %, atteignant 15,9 milliards d'euros, dont deux tiers proviennent de la défense. Pour 2025, Pommellet s’est montré particulièrement optimiste, évoquant des perspectives exceptionnelles et une visibilité accrue des commandes.
Il a détaillé les nombreux programmes en cours visant à moderniser les équipements de la Marine nationale, tels que les sous-marins nucléaires d'attaque de nouvelle génération, les drones marins spécialisés dans la guerre des mines, ainsi que la frégate de défense et d'intervention, l'Amiral Ronarc'h, programmée pour 2025.
De plus, la frégate HS Kimon a été livrée à la Grèce par Naval Group en fin d'année 2025, marquant une collaboration internationale significative.
Le projet des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de troisième génération a franchi un cap majeur avec le début de la construction de la première unité. Ce projet ambitieux prévoit la mise en service des premiers sous-marins d'ici la fin de la prochaine décennie, avec une production durable jusqu'en 2050, promesse d'une stabilité pour l'industrie.
Pommellet a insisté sur l'importance d’anticiper les évolutions technologiques pour faire face à la complexité du monde actuel. "Qui n'a pas vérifié son téléphone pour se tenir informé des dernières déclarations de M. Trump? Nous vivons dans un monde où tout va très vite, et pourtant, l'industrie navale demeure une véritable ancre de stabilité," a-t-il déclaré.
En outre, les événements récents tels que la pandémie de Covid-19 et le conflit en Ukraine ont entraîné une hausse significative des dépenses militaires en France. Le président Emmanuel Macron a d'ailleurs appelé à se préparer à une "économie de guerre" pour affronter des jours incertains.
Sur le secteur civil, la réorientation de l'industrie vers la construction de paquebots de croisière constitue un autre facteur de croissance. Après le transfert de la construction de grands navires vers la Corée, le Japon et désormais la Chine dans les années 80 et 90, Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire a reçu une commande pour quatre nouveaux paquebots en 2025, consolidant ainsi un carnet de commandes rempli jusqu'en 2031.







