Deux accidents tragiques en seulement 48 heures ont profondément choqué l'Espagne, soulevant de vives interrogations sur la sécurité de son réseau ferroviaire, jusqu'ici considéré comme l'un des plus modernes au monde.
En Andalousie, une collision entre deux trains à grande vitesse a coûté la vie à au moins 43 personnes, selon un bilan actualisé des autorités. Les enquêteurs explorent diverses pistes pour déterminer les causes de ce drame, dont le mécanisme reste flou. Pendant ce temps, en Catalogne, un train de banlieue a percuté des débris d'un mur effondré, entraînant la mort d'une personne et blessant 37 autres, dont cinq grièvement.
La circulation ferroviaire est actuellement suspendue dans les zones touchées, et des mesures de sécurité accrues ont été mises en place sur certaines lignes cruciales, notamment entre Madrid et Barcelone. Ces événements tragiques rappellent le déraillement de Saint-Jacques-de-Compostelle en 2013, qui avait fait 80 victimes.
Avec ces accidents se lève une tempête politique. Le gouvernement de Pedro Sánchez fait face à des critiques acerbes de l'opposition, qui pointe des investissements jugés insuffisants dans le réseau ferroviaire. Pour sa part, le Premier ministre a promis une "transparence absolue" et a appelé à éviter les rumeurs non fondées sur l'accident d'Adamuz.
Alors que le pays observe un deuil national de trois jours pour les victimes, des syndicats de conducteurs de train réclament une grève générale pour réclamer des mesures de sécurité renforcées. À Adamuz, les lieux de l'accident continuent d'être inspectés, et les autorités examinent des éléments comme une rupture de rail, signalée comme potentiellement impliquée dans l'accident.
Mercredi, le New York Times a rapporté la découverte d'un chariot de train près du site de l'accident, ce qui pourrait fournir des indices cruciaux. Le ministre des Transports a insisté sur le fait que l'enquête serait longue et complexe, appelant à la patience des citoyens.
Le réseau ferroviaire espagnol, inauguré en 1992, s'étend sur 4 000 kilomètres et est le deuxième plus important au monde après la Chine. Cette tragédie soumet à rude épreuve l'image de fierté qu'est cette infrastructure pour le pays.







