Le désir de Donald Trump d'intégrer l'île arctique, actuellement sous souveraineté danoise, suscite des inquiétudes croissantes au sein de l'Otan, déjà mal perçue à Moscou. Ce comportement annexationniste du président américain tend à banaliser l'agression de Vladimir Poutine en Ukraine, notamment avec l'annexion de la Crimée.
Officiellement, la Russie exprime des inquiétudes sérieuses
. Le Kremlin désapprouve l'initiative de Trump, qui semble désirer s'emparer du Groenland avant que d'autres puissances, comme la Chine ou la Russie, n'interviennent. De plus, Moscou condamne l'envoi, par certaines nations européennes, de contingents militaires au Groenland pour des raisons de dissuasion.
Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a qualifié les inquiétudes de Trump au sujet d'une menace russe de mythe
, affirmant que les mouvements militaires des pays européens dans la région sont perçus comme une provocation supplémentaire. Elle a déclaré : Ces actions visent à imposer leurs règles dans cette partie du monde.
A cette même période, l'Alliance atlantique, qui a accueilli de nouveaux membres après l'effondrement de l'URSS, est vue par la Russie comme une menace existentielle. La tension actuelle sert les intérêts russes, car elle permet de fomenter des divisions au sein de l'Otan. L'expansion de l'Alliance a d'ailleurs été utilisée par Poutine pour justifier son agression envers l'Ukraine.
Trump banalise l'annexion de la Crimée
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a récemment attisé ces tensions en affirmant que, en principe, le Groenland ne fait pas naturellement partie du Danemark
. Cela illustre comment l'annexionnisme de Trump peut être perçu à Moscou comme une légitimation de l'annexion de la Crimée, réalisée en 2014, lorsque celle-ci a été arrachée à l'Ukraine.
Il est clair que la situation autour du Groenland devient un enjeu stratégique, non seulement pour les États-Unis mais aussi pour la Russie, qui se réjouit de voir des fissures se creuser au sein de l'Otan. Comme l'affirme le journaliste spécialiste, Giovanni Garofalo, la rivalité pour le Groenland illustre les tensions croissantes entre les grandes puissances. C'est un poker géopolitique dont sont les protagonistes Trump et Poutine.
Le climat d'incertitude qui prévaut actuellement pourrait répondre à d'autres enjeux, remettant en question l'alignement traditionnel entre États-Unis et Europe face à la Russie. Alors que les nations s'échangent des provocations, la stabilité de l'Atlantique Nord reste suspendue aux ambitions géopolitiques de ces acteurs.







