« Dans le métier, on nous appelle les pompiers des routes ! » Depuis plusieurs jours, les agents du service routier des Pyrénées-Orientales sont sur le terrain, assurant la sécurité d'un réseau routier éprouvé par des pluies torrentielles. Si ces précipitations sont perçues comme une bénédiction après une longue période de sécheresse, elles révèlent également les aléas cachés du territoire. Éboulements, chutes de pierre et coulées de boue deviennent monnaie courante, et les alertes s'accumulent dans tout le département.
Dans la vallée du Vallespir, 26 agents de l’agence routière de Céret surveillent environ 350 kilomètres de routes départementales, de jour comme de nuit. « Les journées sont très difficiles en ce moment », confie François. « Entre le vent, la pluie, et même la neige... nous devons faire face à toutes les situations. » À peine la route de Batère dégagée, un appel les relance déjà en direction du col du Perthus, où un nouvel éboulement vient d'être signalé. « Il y a de tout, petits et gros cailloux sur la route, » déplore-t-il.
« Le service public dans toute sa splendeur »
À Reynes, Christophe Pesquè et ses collègues s'attaquent à un aqueduc caché sous la chaussée. Dans cette zone boisée, les feuilles mortes s'accumulent et obstruent rapidement les canalisations. « Nos missions sont variées, impossible de prédire ce qui nous attend », souligne-t-il. Un peu plus loin, à l'entrée du village, un éboulement plus important bloque partiellement la voie. Le maire a donné l'alerte, inquiet pour la sécurité des habitants avant ses vœux à présenter en soirée.
À Arles-sur-Tech, une autre équipe se charge de réparer une chaussée abîmée par les intempéries. Les averses successives ont fissuré l'enrobé et affaibli la route. Plus haut dans la montagne, un camion-grue est mobilisé pour déraciner les blocs rocheux menaçants. Les gestes sont précis et répétitifs, rendus possibles grâce à une organisation efficace.
« Depuis le week-end dernier, nous avons déjà effectué une soixantaine d'interventions », explique Jo-Marie Caligari, responsable de l'agence routière de Céret. « Nous priorisons absolument la D900, une route internationale, ainsi que la D115, essentielle pour le Vallespir. » Ces deux artères sont vitales pour la sécurité des habitants et la survie de l’économie locale, comme le souligne France Bleu.
La restauration de l'intégralité du réseau routier prendra encore plusieurs jours. Néanmoins, le responsable témoigne de sa confiance envers ses équipes. « Ce sont des gars du cru, profondément attachés à leur territoire et à leurs villages. Ils mettent leur cœur dans ce qu'ils font. Certains n'hésitent pas à écourter leurs congés pour être là, à enchaîner les heures supplémentaires. C'est le service public dans toute sa splendeur. »







