La France s'apprête à vivre le lancement des soldes d'hiver, mais la neige et le froid risquent d'entraver la fréquentation des commerces. Dans un contexte commercial déjà saturé de promotions, les enseignes se montrent préoccupées.
Si le froid semble arriver à un moment inopportun, les commerçants misent sur cette période de soldes, qui s'étend jusqu'au 3 février, pour compenser un début de saison peu engageant. Pourtant, ils restent conscients que l'engouement historique pour les soldes s'estompe au fil des années.
Selon Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, "la première semaine ne devrait pas être trop perturbée ; mais avec un peu de neige, les clients hésitent à sortir". Une inquiétude d'autant plus fondée alors que Météo-France a placé 38 départements en vigilance orange pour neige et verglas auxquels s'ajoutent des prévisions de désagréments pour les transports.
Le mois de décembre précédent a laissé un goût amer aux détaillants, avec des températures trop douces incitant les consommateurs à réduire leurs achats vestimentaires. Selon les données de Panel Retail Int. pour l'Alliance du commerce, les grandes enseignes ont enregistré une baisse de 4,5 % de leur chiffre d'affaires en décembre par rapport à l'année précédente.
Pourtant, les attentes demeurent quant à janvier. "On espère que ce mois de soldes puisse compenser les difficultés de décembre", souligne Yohann Petiot. Même si les soldes ne suscitent plus la même ferveur qu'auparavant, elles représentent toujours un moment décisif pour de nombreux commerçants.
Les indépendants, par contre, ressentent un impact encore plus prononcé. Pierre Talamon, président de la fédération française de l'habillement, note que "les soldes ont perdu leur signification". Les consommateurs, déjà saturés par le Black Friday et les ventes privées, se montrent moins enclins à se déplacer pour des soldes.
D'après un rapport de 2025, le chiffre d'affaires des commerçants indépendants a chuté de 5,5 % par rapport à janvier 2024, alors que les grandes chaînes ont vu leur chiffre se stabiliser avec une légère baisse de 0,2 %. La FNH plaide pour un report des soldes de trois semaines afin de mieux s'adapter aux réalités saisonnières, un avis que partage aussi certains commerçants.
Les soldes pourraient redevenir un véritable moteur de croissance si elles étaient alignées sur les saisons. Selon Pierre Talamon, "le déstockage ne peut pas avoir lieu en pleine saison". En revanche, l'Alliance du commerce préfère maintenir le calendrier actuel, affirmant que les conditions peuvent varier d'une année sur l'autre.
Un sondage récent de l'application Joko révèle que 64 % des Français envisagent de participer aux soldes, que ce soit en ligne ou dans les boutiques, mais 67 % d'entre eux ne planifient pas d'attendre spécifiquement cet événement, cherchant plutôt des bonnes affaires. Dans cette ambiance tendue, les soldes d'hiver de 2025 s'annoncent comme un véritable test pour le secteur.







