Dans un contexte de tensions croissantes au sein du monde agricole, Emmanuel Macron a révélé, mercredi 7 janvier, qu'il allait suspendre la taxe carbone européenne sur les engrais, une décision qui vient répondre aux attentes des agriculteurs. Sur les réseaux sociaux, le président a rassuré que cette mesure ne devrait pas entraîner d'augmentation des prix des intrants nécessaires à la production.
Les céréaliers, en particulier, avaient exprimé des craintes quant à l’impact de cette taxe, redoutant des hausses de coûts qui pourraient compromettre leur activité déjà fragilisée. Pour eux, produisant souvent à perte des céréales comme le blé, chaque décision gouvernementale a son importance. Le président a affirmé qu'il avait remporté « de nouveaux engagements » de la part de la Commission européenne, une annonce confirmée par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, qui avait déclaré que la mesure pourrait avoir effet rétroactif.« Il n’y aura pas de hausse de prix des engrais liée à la taxe carbone aux frontières », a tweeté Macron, tout en évoquant une révision de la taxe. Cela inclut des propositions pour réduire rapidement les droits de douane sur tous les intrants utilisés dans les processus agricoles.
Cette décision a suscité des réactions parmi les agriculteurs, certains saluant enfin une avancée après des semaines de mobilisation intense. D'autres se montrent cependant sceptiques, pointant du doigt le besoin de mesures plus structurelles pour garantir la pérennité de leurs exploitations dans un contexte de hausse des coûts de production.
Pour autant, la décision finale, comme l'a précisé le ministère, dépendra d'un vote au sein de l'Union européenne entraînant un dialogue essentiel entre les États membres. Selon des experts, la suspension de cette taxe pourrait également servir de tremplin pour des discussions plus larges sur les politiques agricoles européennes, comme l'a analysé l'institut de recherche agricole INRA.
Alors que cette mesure s’inscrit dans un cadre plus vaste de soutien aux agriculteurs, une question demeure : quelles seront les conséquences à long terme sur la transition écologique que l’Europe cherche à établir?







