L'intervention militaire des États-Unis au Venezuela, effectuée le 3 janvier, soulève des interrogations sur le respect des normes internationales établies depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette opération, qui a abouti à la capture du président Nicolas Maduro, est perçue comme un tournant dans les relations internationales, notamment par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Pour lui, l'usage de la force par Washington contrevient aux principes mêmes de la charte des Nations unies, signée par 193 États. « L'article 2 de cette charte interdit formellement aux États d'employer la force au détriment de la souveraineté d'un autre pays », précise Barrot. L'intervention ne pouvait prétendre à la légitimité, n'ayant pas été approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU, ce qui en fait un « acte d'agression », selon le secrétaire général de l'ONU, António Guterres.
Donald Trump justifie toutefois cette opération par des accusations de narcoterrorisme, mais cela soulève des doutes sur ses véritables intentions, notamment l'exploitation des vastes ressources pétrolières du Venezuela. « Ces justifications n'ont rien de juridiques, elles relèvent uniquement de considérations politiques », analyse Sébastien Touzé, professeur à l'université Panthéon-Assas, qui rappelle que Washington semble s'éloigner des conventions internationales traditionnelles.
Emmanuel Macron a également exprimé ce sentiment, dénonçant un manque de concertation et un désengagement progressif des États-Unis vis-à-vis de leurs alliés et des normes internationales. « Les États-Unis s'affranchissent de plus en plus des règles, mettant en péril la stabilité mondiale », a-t-il déclaré lors d'un discours récent.
Historiquement, les États-Unis ont souvent contourné les institutions multilatérales pour poursuivre leurs objectifs. Frédéric Ramel, professeur à Sciences Po Paris, rappelle que dans le passé, Washington cherchait à justifier ses actions par des motifs légaux plus solides. « Aujourd'hui, cette période semble révolue », ajoute-t-il.
Cette intervention, qui s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre grandes puissances, pourrait établir un dangereux précédent pour la communauté internationale. Les conséquences d'une telle action sont encore difficiles à mesurer, mais elles pourraient avoir des répercussions durables sur la diplomatie et les relations entre nations.







