Des affrontements meurtriers se poursuivent à Alep depuis deux jours, opposant les troupes gouvernementales syriennes aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition militaire principalement kurde. Face à cette escalade, des milliers de civils ont déjà quitté les quartiers à dominante kurde, intensifiant les craintes d'un conflit élargi dans la région.
Ce climat d'instabilité contraste fortement avec le récent accord signé le 10 mars entre Damas et les Kurdes, qui envisageait une intégration progressive des entités kurdes au sein de l'État syrien d'ici 2025. Mais, comme l'affirme le site Rudaw, les promesses de paix semblent s'évanouir alors que la violence s'intensifie.
Depuis le 6 janvier, Alep, située au nord-ouest de la Syrie et proche de la frontière turque, devient le théâtre de violents combats, particulièrement dans les quartiers de Cheikh Maqsoud, Achrafieh et Bani Zeid. Les résultats sont tragiques, avec déjà un bilan d'au moins 17 personnes mortes, alors qu'une réunion cruciale entre Mazloum Abdi, le commandant des FDS, et des représentants du gouvernement syrien a échoué à déboucher sur une solution.
Selon des rapports partagés par Syria TV, l'armée syrienne a initié des opérations militaires intensifiées visant les FDS, faisant craindre un déplacement massif de la population et une suspension de services civiques dans ces zones. Les tensions sont telles qu'elles menacent non seulement la paix locale, mais également l'équilibre fragile de la région, tout cela dans un contexte où des inquiétudes grandissent quant à une possible intervention turque.
Des accusations mutuelles fusent entre les forces en présence. D'un côté, Damas accuse les FDS de ne pas avoir retiré leurs combattants et d'utiliser les quartiers comme bases de lancement pour leurs attaques. De l'autre, les Kurdes dénoncent l'utilisation délibérée de la force excessive et d'artillerie lourde contre des civils, une situation qualifiée de « crime de guerre » par des sources médiatiques telles que Enab Baladi.
Les manifestations s'organisent déjà à Qamishli, dans la plus grande ville du Kurdistan syrien, où des centaines de personnes expriment leur rejet de la guerre et de la menace d’épuration ethnique. Ce climat de tensions amplifié est de plus alimenté par les discours extérieurs : Israël critique les décisions de Damas, tandis que la Turquie annonce son intention de soutenir le gouvernement syrien dans son combat contre les forces kurdes, considérées comme proches du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan.
La situation reste donc précaire, avec des experts comme Elizabeth Tsurkov de l'Institut pour l'étude de la guerre, qui prévoient que ces frictions pourraient gâcher tout espoir de paix durable, plongeant la Syrie une fois de plus dans le tourbillon de la guerre.







