Une étude du magazine scientifique Nature révèle que les doctorants optent de plus en plus pour l'expatriation afin de contourner le manque de financements et les incertitudes politiques. Selon une enquête menée auprès de 3 785 chercheurs en formation dans 107 pays, 33 % des répondants poursuivent leur doctorat à l'étranger. Les motifs de cette tendance évoluent, passant d'une quête de découvertes culturelles à un besoin pressant de retombées économiques et scientifiques.
Selon les résultats, 43 % des étudiants expatriés mettent en avant le “manque de financements dans leur pays” comme principale raison de leur départ, une priorité qui dépasse désormais le désir d'enrichissement culturel, mentionné par seulement 35 % des sondés. Un doctorant américain installé en Islande témoigne :
“Je me sens comme un membre de la société à part entière et je peux vivre confortablement en faisant une thèse ; même dans les meilleures institutions américaines, cela ne serait pas garanti.”
Cependant, la politique, bien que mentionnée par 7 % des participants, joue un rôle crucial pour certaines nationalités. Ainsi, 56 % des doctorants russes et 24 % des Américains évoquent ce motif. “Trump…” déclare une étudiante ayant choisi la Suisse. Un autre doctorant établi en Australie décrit les États-Unis comme un “régime totalitaire” qui cible certains groupes, soulignant un climat d'insécurité dans le milieu universitaire américain.
Malgré les motivations pour partir, l'expatriation apporte son lot de défis. Près de 42 % des étudiants internationaux rapportent avoir subi du harcèlement ou de la discrimination, tandis que 47 % se sentent isolés et 41 % rencontrent des obstacles linguistiques. Néanmoins, pour beaucoup, le choix de partir à l'étranger est souvent lié à des questions de financement, de visas et de perspectives professionnelles. En ce sens, une doctorante serbo-allemande installée à Prague conclut : “Partir à l'étranger agit comme un catalyseur : on grandit automatiquement à travers ces épreuves.”







