Ce vendredi 9 janvier, Guéret a vu converger une centaine d'agriculteurs, soutenus par la Coordination rurale et la Confédération paysanne, pour dénoncer la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse par l'État. Les manifestants, équipés d'une quarantaine de tracteurs, ont exprimé leur mécontentement face à des procédures qu'ils jugent traumatisantes, notamment le abattage systématique d'animaux dès qu'un cas est détecté. “Nous demandons un changement immédiat du protocole,” a déclaré Paul Marchon, président de la Coordination rurale en Creuse.
Les agriculteurs ont également protesté contre l'accord de libre-échange avec le Mercosur, approuvé par l'Union européenne. “Cet accord met en péril notre agriculture,” a affirmé Marchon, qui a été reçu par la préfète de la Creuse pour exprimer ces préoccupations.
À l'ombre de cette mobilisation, un large dispositif policier a été déployé, une mesure qui a suscité des réactions vives parmi les manifestants. “C'est honteux d'avoir une telle répression,” a déclaré un agriculteur sous couvert d'anonymat, rappelant un précédent événement du 16 décembre où plusieurs manifestants avaient déversé des déchets devant des bâtiments publics.
Dans l'après-midi, la Confédération paysanne a appelé à une autre manifestation devant la préfecture pour revendiquer la libération de deux de ses porte-parole interpelés la veille à Paris. Sylvain Tilleul, porte-parole en Creuse, a déclaré : “Nous ne resterons pas silencieux face à cette violence d'État.”
Les syndicats FDSEA et Jeunes agriculteurs suivent de près la situation, ayant déjà mené des actions contre l'accord avec le Mercosur. Ils prévoient d'autres manifestations et barrages filtrants dans les jours à venir, insistant sur la nécessité d'être entendus.
Les experts agricoles, comme le sociologue Philippe Martin, soulignent : “La colère des agriculteurs est le reflet d'une crise sectorielle profonde, exacerbée par des décisions politiques jugées inadaptées.” Dans un contexte où l'agriculture française se trouve à un tournant, ces mobilisations pourraient marquer un tournant décisif dans le dialogue entre le gouvernement et les agriculteurs.







