Le mécontentement des agriculteurs français ne faiblit pas. Ce vendredi, des tracteurs de la Confédération paysanne ont bloqué le périphérique parisien, à la porte de Montreuil, pour protester contre le traité de libre-échange Mercosur et la gestion sanitaire actuelle.
La décision du président Emmanuel Macron de s'opposer au Mercosur, un traité de libre-échange entre l'Union européenne et des pays d'Amérique latine, laisse un sentiment d'injustice parmi les agriculteurs. Mobilisés depuis des mois, ils se sentent abandonnés.
Dès l'aube, une cinquantaine de manifestants ont entravé la circulation avec six tracteurs, brandissant des pancartes et des fumigènes en scandant : "Non au Mercosur !". Nicolas Fortin, secrétaire général de la Confédération paysanne, a déclaré : "C'est le Mercosur qu'il faut abattre, pas nos vaches!" soulignant l'urgente nécessité de défendre leurs droits face à ce traité amené à aggraver la situation des agriculteurs.
Accompagnés de militants écologistes et d’étudiants d’AgroParisTech, les agriculteurs ont exprimé leur refus de ce qu'ils appellent la "maladie du libre-échange". Ce sentiment est partagé par la Coordination rurale, qui a également effectué des opérations coup de poing, provocant une forte mobilisation.
Les agriculteurs de la Coordination rurale (CR) ont récemment effectué une démonstration de force à Paris, atteignant même l'Assemblée nationale après avoir convergé depuis différentes régions de France. Bertrand Venteau, président de la CR, a déclaré : "Ce qui a été fait est un exploit", indiquant que la mobilisation pourrait se poursuivre tant que les exigences des agriculteurs ne sont pas entendues.
En parallèle, des blocages ont été signalés dans d'autres régions françaises et à l'étranger, notamment en Belgique et en Pologne. Dans le Nord, les autoroutes vers la Belgique ont été fermées, tandis que la gendarmerie a rapporté plusieurs incidents similaires en Bourgogne et dans le Pays Basque.
Depuis décembre, le climat dans le milieu agricole s'est intensifié. Les agriculteurs dénoncent non seulement les effets du traité Mercosur mais aussi la gestion jugée inefficace de l'épidémie de dermatose nodulaire chez les bovins. Ils craignent en outre que l'accord ne facilite l'importation de produits issus de normes moins strictes que celles en vigueur en Europe, menaçant ainsi leur activité.
Malgré les assurantes déclarations de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, qui a vanté un "non puissant" au Mercosur, de nombreux agriculteurs restent sceptiques. Ils interprètent la position de la France comme un signe de faiblesse et d’isolement sur la scène européenne, une opinion soutenue par des experts du secteur.
Un grand rassemblement est déjà prévu le 20 janvier devant le Parlement européen à Strasbourg, alors que les agriculteurs continuent d’exiger une réévaluation des normes et une meilleure protection de leurs intérêts devant la montée des produits importés.
La mobilisation en cours témoigne d'une résilience collective dans un secteur en crise, avec des agriculteurs prêts à aller au bout de leurs revendications pour assurer leur avenir.







