Mercredi matin, la métropole toulousaine s’est retrouvée sous l’assaut de dizaines d'agriculteurs qui, à l'aide de tracteurs, de bottes de paille et de fumier, ont érigé une dizaine de barrages sur les principaux axes routiers, malgré l'interdiction catégorique des autorités. Les manifestations ont pour but de « paralyser » la ville afin de faire entendre leurs revendications face à une crise agricole de plus en plus préoccupante. Ces agriculteurs, en colère, ont souhaité signifier leur mécontentement grandissant au gouvernement, confronté à des enjeux majeurs telles que l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins, la chute des prix du blé et l'augmentation des coûts des engrais.
« Nous ne bougerons pas tant que nous n’obtenons pas de réponses », a déclaré Lionel Candelon, un membre de la Coordination rurale (CR), soulignant la ferme détermination des manifestants à faire entendre leur voix. En effet, de nombreux agriculteurs, comme Pierre Solana, ont parcouru des kilomètres pour rejoindre le cortège, faisant face à des barrages de gendarmerie qui limitaient leurs mouvements.
La situation a été aggravée par la mise en place de plusieurs arrêtés d'interdiction par le préfet de la région Occitanie, Pierre-André Durand, qui invoque le « risque de troubles à l’ordre public ». Cependant, les agriculteurs persistent : « Il faut absolument trouver des solutions pour sauver notre agriculture », a insisté Solana.
Dès l’aube, la circulation a été fortement perturbée, notamment sur l'A68 où une douzaine de tracteurs ont installé un barrage au péage de l'Union. D'autres entraves à la circulation ont été signalées sur le périphérique toulousain, avec des manifestants déversant du fumier sur les routes et allumant des feux, entraînant des embouteillages sur l'A61 et l’A64. Enzo, un jeune agriculteur, a exprimé son désespoir face à la situation : « Nous voulons que nos bêtes soient épargnées et que le projet de libre-échange avec le Mercosur ne soit pas signé. »
Le président de la CR, Bertrand Venteau, a également exprimé son indignation face au déploiement policier, considérant que la manifestation était pacifique à la base. D'autre part, des convois se dirigent vers Paris, où les agriculteurs espèrent porter leurs revendications en des lieux emblématiques tels que l’Assemblée nationale et le Sénat. Ils réclament la vaccination généralisée de leurs animaux afin d'éviter les abattages massifs lors de la détection de maladies.
Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe, a reconnu que bien que des efforts aient été faits pour améliorer la situation des agriculteurs, la lutte pour défendre les intérêts français doit se poursuivre. « Nous continuons à nous battre pour nos agriculteurs », a-t-il conclu. Ce contexte souligne la crise persistante dans le secteur agricole français, qui réclame une attention urgente de la part des pouvoirs publics.







