Le constat est alarmant : à la rentrée scolaire de 2025, près de 50 000 enfants en situation de handicap n'ont pas pu bénéficier de l'aide essentielle d'un Accompagnant d'Élèves en Situation de Handicap (AESH). Dans un contexte où le besoin d'accompagnement demeure crucial, la sénatrice socialiste Marie-Pierre Monier a présenté une proposition de loi qui pourrait transformer le secteur. L'objectif ? Permettre aux AESH de devenir fonctionnaires, assurant ainsi une stabilité dans un métier encore trop précaire.
Marie-Pierre Monier, qui travaille sur ce sujet depuis plus d'une décennie, dénonce la précarité inacceptable des AESH qui perçoivent en moyenne 850 euros par mois et se trouvent majoritairement à temps partiel. Les conditions de travail détériorées et la formation insuffisante de ces professionnels fragilisent notre système éducatif. L’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap, initiée par la loi de 2005, est compromise par l’absence d’un cadre stable pour ces accompagnants.
Cette réforme est d'autant plus urgente alors que chaque année, des milliers d'élèves se retrouvent sans aide. Selon des analyses du ministère de l'Éducation nationale, près des deux tiers des AESH abandonnent leur poste au bout de quelques années, en raison du manque de reconnaissance et des conditions de travail. Pour la sénatrice, il est primordial de rendre cette profession plus attractive afin d'assurer une éducation plus inclusive.
Concernant la question du temps de travail, la loi ne précise pas de manière rigide la durée. Toutefois, son article propose une définition du temps de travail spécifique, favorisant l'accès à des postes à temps plein sans forcément appliquer les 35 heures standard. Des discussions entre syndicats et le gouvernement sur ces modalités sont prévues pour éviter le temps partiel subi, qui reste l'une des principales sources de précarité.
Sur le plan financier, le coût de cette réforme est estimé à environ 4 milliards d'euros. Un investissement qui pourrait sembler élevé, mais que des experts et des acteurs du milieu éducatif jugent nécessaire pour assurer une aide adéquate aux élèves et soutenir les familles en difficulté. Comme le rappelle une analyse de France Info, la qualité de l'éducation pour les enfants en situation de handicap dépend directement des ressources allouées à leur accompagnement.
Pour conclure, la proposition de loi de Marie-Pierre Monier semble répondre à un besoin urgent d'amélioration des conditions de travail des AESH, tout en promouvant une véritable politique d'inclusion scolaire. Les choix politiques effectués à ce stade auront un impact durable sur l'éducation et sur la vie des enfants en situation de handicap en France.







