En France, la tendance des augmentations de salaire s'oriente vers un ralentissement. Selon une enquête menée par le cabinet WTW, seulement 29 % des entreprises prévoient d'effectuer des hausses générales cette année, un chiffre en net déclin par rapport à 61 % en 2025. Les entreprises optent de plus en plus pour des stratégies de rémunération individualisées, ce qui s'inscrit dans un contexte de hausse du coût de la vie et de volatilité économique.
Khalil Ait Mouloud, directeur de l'activité enquêtes de rémunération chez WTW France, souligne que « l'enjeu n'est plus d'augmenter tout le monde pour compenser l'inflation, mais de différencier les talents afin de soutenir la performance et la transformation des organisations ». Ce nouveau paradigme entraîne une réévaluation des territoires salariales, axée davantage sur les contributions individuelles que sur le volume global des augmentations.
Cette attention croissante à l'équité salariale se manifeste aussi dans les réflexions autour de la future transposition de la directive européenne visant à accroître la transparence des rémunérations. Près de 46 % des entreprises envisagent de consacrer une partie de leur budget à des ajustements d'équité, notamment pour corriger les disparités de rémunération entre les sexes. Ce taux est en hausse par rapport à 2025, où seulement 40 % des entreprises prenaient déjà en compte ces ajustements.
Quant aux entreprises françaises, elles anticipent des augmentations de salaire plus modestes, autour de 2 %, contre 2,2 % l'année précédente. Ce phénomène reflète une « prudence accrue des groupes nationaux », face à une croissance économique stagnante et à des coûts en hausse selon le rapport de WTW. À l'échelle internationale, la France est légèrement en retrait, avec une hausse médiane inférieure à la moyenne européenne de 3,2 %.
Au sein des secteurs, les augmentations salariales varient peu, oscillant entre 3 % et 3,2 %. Ce changement de cap dans la politique de rémunération pose des questions essentielles quant à la motivation des employés et à la compétitivité des entreprises françaises sur le marché global.







