Le 23 janvier dernier, la bibliothèque de l'université Paul-Valéry à Montpellier a accueilli une inauguration inédite. En présence d'Anne Fraïsse, présidente de l'université, ainsi que des artistes Célia Picard et Hannes Schreckensberger, l'œuvre Texere a été révélée. Articulée autour du concept de tissage, cette création met en lumière la relation entre l'espace urbain et l'intimité de la lecture.
"Après un mur, des sièges et un portail, place au rideau"
Conçue dans le cadre du dispositif du 1% artistique, Texere vient couronner l'achèvement des rénovations de l'Atrium, un projet finalisé en 2024. Ce terme latin qui signifie "tisser" s'étend sur les grands rideaux des trois niveaux de la bibliothèque. "Un art d'usage, intégré à la vie quotidienne de l'université", souligne la présidente.
Cette pièce s’inscrit dans la tradition des œuvres marquantes du campus, dont le Portail de Vasarely et le Mur cyclopéen d’Albert Dupin. "Après un mur, des sièges et un portail, place au rideau", a plaisanté Anne Fraïsse avant de céder la parole aux artistes.

Une œuvre à double sens
Visible depuis le parvis de l'Atrium, Texere offre deux niveaux de perception. À l'extérieur, des formes abstraites dialoguent avec l'urbanité. En revanche, les salles de lecture révèlent des annotations plus fines. "Le textile ondule au gré de la lumière naturelle, dévoilant des signes. Il faut entrer pour apprécier pleinement l'œuvre", indique Célia Picard.
Cette expérience artistique évolue au fil de la lumière naturelle. "On peut dire que le message change en fonction de la météo", ajoute Hannes Schreckensberger.
Des signes anciens revisités
Pour créer ce langage visuel unique, le duo s'est inspiré des collections de la bibliothèque, utilisant des ligatures et ornements typographiques, témoignant de la transmission des savoirs à travers les âges. "Nous avons travaillé à partir de textes allant du Moyen Âge à aujourd'hui, soit 180 signes différents issus d'une cinquantaine d'ouvrages", précise Hannes Schreckensberger.
L'œuvre, dotée d'un système d'ouverture automatisé, dessine les rideaux en fonction des jours, créant ainsi une installation toujours renouvelée. "On nous demande souvent s'il y a un message à décrypter, mais il n'y en a pas. Chacun peut raconter sa propre histoire avec Texere", conclut Célia Picard.







