Dans un EHPAD innovant, une aide-soignante a reçu une alerte cruciale sur son téléphone : une résidente rencontrait des difficultés respiratoires. Ce n'était pas une demande de secours venant de la résidente elle-même, mais plutôt d'un dispositif de détection avancé. Grâce à une intelligence artificielle conçue par Orikio, une start-up brestoise, ce système peut identifier divers bruits inquiétants tels que des chutes, des vomissements ou une détresse respiratoire.
Émilie Gwladys, aide-soignante, explique : "Cette technologie peut nous alerter pour les chutes ou lorsqu'une personne crie à l'aide. Elle fonctionne sur un système de mots d'alerte et ne constitue pas une surveillance intrusive." Depuis quatre ans, cette "oreille augmentée" équipe 15 des 100 chambres de l'établissement, permettant ainsi au personnel de se concentrer davantage sur les soins.
Christine Maréchal, directrice de la résidence Mer Iroise, souligne que cette technologie ne remplace pas les soignants mais les aide à surveiller les résidents en temps réel. "Cela évite de laisser les personnes seules, même pour une courte période", ajoute-t-elle.
Philippe Roguedas, co-fondateur d'Orikio, affirme : "Nous sommes les seuls à pouvoir détecter une détresse respiratoire ou un vomissement grâce à notre technologie. C'est un détecteur à large spectre d'urgences". En analysant des milliers de bruits dans les établissements médicaux, la start-up a créé un système qui ne filme ni enregistre, préservant ainsi la vie privée des résidents.
Cette innovation a suscité un vif intérêt non seulement en France, mais également à l'international, notamment au Japon et en Scandinavie. Orikio vient également de remporter le prix de l'innovation décerné par la région Bretagne. L'entreprise fait face à la concurrence d'autres technologies, comme celle de Kapard, spécialisée dans les capteurs 3D, et Otono-me de Telegrafik à Toulouse.







