Dans l'obscurité de la nuit du 1er au 2 janvier 1976, la paisible ville de Sarlat a été secouée par une série d'attentats à la bombe qui ont laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective. Quatre agences immobilières, ciblées pour des raisons politiques, ont été endommagées par des explosions de nature artisanale. Bien que les dégâts matériels aient été considérables, miraculeusement, aucune blessure n'a été signalée.
Les Sarladais ont été arrachés à leur sommeil tôt le matin, lorsque la première explosion a franchi les vitres de l'agence des Maisons du Périgord, disséminant des débris et lacérant des dossiers. Alors que les pompiers intervenaient, deux autres déflagrations se produisaient près de la cathédrale, frappant d'autres établissements immobiliers. Pour l'agence Peyrusel, ce fut une porte et un mur noircis. Le cabinet Jardin, quant à lui, a vu son intérieur ravagé par des éclats métalliques et de bois. Une quatrième bombe a été découverte près de l’agence Trèves et a fini par exploser à 5h45.
Ces actes de vandalisme semblaient résulter d’une réaction à la « colonisation » du patrimoine foncier local, un sentiment croissant parmi les populations occitanes face à l'augmentation des achats de biens immobiliers par des étrangers. La colère s’exprimait à travers des slogans tels que « Occitanie n’est plus à vendre » inscrits en graffiti sur des vitrines. Selon certains experts, comme l'historien régional Jean-Claude Dubois, ces attentats étaient l'aboutissement d'un mécontentement ancien contre l'urbanisation rapide et l’augmentation des résidences secondaires, souvent aux mains d'étrangers, notamment parisiens, hollandais et anglais.
« Ce n’est pas la faute des agences immobilières si les agriculteurs veulent vendre », a déclaré M. Trèves, un conseiller municipal touché par les attentats. « Notre rôle est de mettre en relation les vendeurs et les acheteurs, peu importe d'où ils viennent. » De plus, le mouvement occitan local, Volem viure al país, a officiellement nié toute implication dans ces évènements, soulignant que ces actes ne représentaient pas leur lutte pour la préservation culturelle du territoire.
Les bombes, construites à partir de bouteilles de gaz et d'explosifs artisanaux, ont été discrètement placées dans des ruelles sombres, et leur détonation a révélé l'existence d'un climat de tension palpable. Si les autorités ont pris cet incident très au sérieux, la réaction des riverains a été variée, oscillant entre l'indifférence et l'inquiétude. Selon des sondages menés à l'époque, une majorité de Sarladais a clairement exprimé son opposition à ces méthodes.
La préfecture de la Dordogne a renforcé la sécurité à Sarlat suite à ces événements, tandis que des enquêtes étaient menées par le SRPJ. Le commissaire Carrière, qui faisait alors face à cette situation complexe, a déclaré que ces attentats nécessiteraient une approche coordonnée et approfondie. Les investigations ont mis en lumière un besoin urgent de dialogue entre les acteurs locaux afin de désamorcer cette colère sous-jacente et de travailler à une cohabitation paisible.







