Une "étape significative". Lors de la séance de lundi, les députés ont donné leur feu vert à la proposition de loi portée par la députée Laure Miller, avec un score de 130 voix pour et 21 contre. Ce texte, soutenu par l'exécutif, prohibe également l'usage des téléphones mobiles par les élèves au lycée.
L'objectif principal de cette législation est de protéger les mineurs des dangereux impacts que peuvent avoir les réseaux sociaux sur leur santé mentale et physique. Un rapport de l'ANSES, évoquant des problématiques telles que le cyberharcèlement, a passé au crible les conséquences nocives des réseaux sociaux sur les adolescents.
"Cette loi instaurera une frontière claire. Les réseaux sociaux ne doivent pas être banalisés", a affirmé Laure Miller avant le vote.
Objectif rentrée 2026
Emmanuel Macron a qualifié cette décision de "valeur phare" sur les réseaux sociaux. "Le cerveau de nos enfants n’est pas à la merci des plateformes", a-t-il commenté. Depuis 2018, il œuvre pour établir un consensus scientifique sur les dangers numériques. Le texte de loi, même s'il a été adopté, devra encore passer les épreuves du Sénat et faire face à une compatibilité avec les réglementations européennes.
D'autres experts soulignent que la question demeure : cette approche législative sera-t-elle suffisante pour endiguer les dérives ? Laure Miller elle-même reconnaît les incertitudes entourant cette loi. "Nous sommes conscients que des ajustements seront sans doute nécessaires", a-t-elle déclaré.
La nouvelle version de la loi modifie des éléments après des critiques du Conseil d’État, la rendant plus souple envers les géants du numérique, sans pour autant abandonner l'idée de rendre inaccessibles les comptes de mineurs de moins de 15 ans.
Le casse-tête technique
Pour que cette interdiction soit bien appliquée, un système de vérification d'âge devra être mis en place. Les expériences d'autres pays, comme l'Australie, montrent que les contournements existent. Des jeunes ont pu contourner ces restrictions via des méthodes comme des VPN ou en générant des informations d'identité falsifiées.
Des experts s'interrogent : une interdiction est-elle vraiment la solution ? Comme le suggère un rapport de l'ANSES, l'éducation numérique pourrait s'avérer plus efficace que la prohibition. Elle prône une approche qui vise à renforcer l'éducation des jeunes à travers des campagnes d'information sur les dangers du numérique.
Il est donc impératif d'évaluer comment cette législation sera mise en œuvre. Le débat autour de cette question ne fait que commencer, et la société devra se préparer à encourager une utilisation plus consciente des technologies numériques chez les jeunes.







