Le ministre de la Justice, Gunnar Strömmer, propose une réforme marquante : réduire l'âge de la responsabilité pénale de 15 à 13 ans, uniquement pour des infractions graves, afin de permettre des peines de prison dans certains cas. Ce projet de loi a été annoncé ce lundi par le gouvernement suédois.
Lors de sa présentation, Strömmer a souligné qu'il ne s'agissait pas d'un "abaissement général de l'âge de la responsabilité pénale". Cette initiative vise à cibler les crimes les plus graves : meurtres, attentats à l'explosif, infractions liées aux armes et viols. La Suède fait face, depuis plus d'une década, à une montée de la violence liée à la criminalité organisée, en grande partie en raison des conflits entre gangs pour le contrôle des marchés de la drogue et des comptes de règlement, comme le rapporte Le Parisien.
Les gangs recrutent de plus en plus des mineurs de moins de 15 ans pour réaliser des actes criminels graves, y compris des tirs et des attentats. Actuellement, ces jeunes ne risquent pas de peines de prison s'ils sont interpellés.
Une étude commandée en janvier 2025 avait proposé une baisse à 14 ans, mais le gouvernement a finalement opté pour une limite de 13 ans. Le projet a été soumis à 126 autorités et organisations pour avis, suscitant un débat intense.
Une mesure largement contestée
Cette proposition est très controversée. La majorité des parties interrogées ont exprimé des réserves ou se sont opposées à cette mesure. La police a averti que cet abaissement pourrait entraîner une implication plus précoce d'enfants dans les réseaux criminels. De plus, des organismes de protection de l'enfance affirment que le système pénitentiaire n'est pas préparé à accueillir des délinquants si jeunes, ce qui pourrait nuire à leurs droits.
"Nous sommes en situation d'urgence. Les mesures que nous adoptons doivent refléter la gravité de la situation actuelle", a fait valoir Strömmer lors de la conférence de presse.
Cette réforme serait temporaire, limitée à cinq ans initialement. Après examen par le Conseil législatif suédois, Gunnar Strömmer espère que la loi puisse entrer en vigueur cet été.







