Dans un jugement marquant, la majorité conservatrice de la Cour suprême des États-Unis a permis au président Donald Trump de révoquer des responsables d'agences fédérales indépendantes, exception faite de la Réserve fédérale, qui bénéficie d'une protection temporaire. Cette décision, qualifiée par le New York Times d'« importante extension des pouvoirs présidentiels », vient contredire des lois fédérales établies pour protéger les fonctions de ces agences.

Les juges ont ainsi annulé le précédent arrangement juridique de 1935, Humphrey’s Executor v. United States, qui interdisait au président de congédier les membres de ces agences sans raison valable. Cette décision a engendré une onde de choc au sein du paysage politique américain où le pouvoir exécutif est désormais dominé par la volonté présidentielle.

Une décision controversée et énigmatique

Ce cas spécifique, portant sur le renvoi de Rebecca Slaughter, commissaire démocrate à la Federal Trade Commission (FTC), a été soutenu par Trump, qui a justifié son acte par un désaccord avec les priorités de son administration. Les critiques s'accumulent, notamment du côté du New York Times, qui observe que la Cour a ouvert la voie à une “présidence impériale” où le président exige le contrôle total de la branche exécutive.

Des sourires se dessinent chez les républicains alors que certains experts, comme Jed Schugerman de l’Université de Boston, qualifient la décision de “gênante de minceur” et “truffée d'erreurs de raisonnements”.

La dissidence de Sonia Sotomayor, avec ses 49 pages lues depuis le banc, a ajouté un poids historique à cette décision, affirmant que cette nouvelle interprétation pourrait induire un “chaos” et déséquilibrer sérieusement les pouvoirs au sein du gouvernement fédéral.

La Fed, une exception bien gardée

Dans un contraste frappant, la Cour a également invalidé les tentatives de Trump de limoger Lisa Cook, membre du conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, une avancée accueillie comme une victoire pour cette institution, qui a fait l’objet de critiques incessantes venant de la Maison-Blanche. The Guardian souligne que cette décision conforte Cook en sa position, lui permettant de défendre son intégrité face aux accusations de fraude psychologique portées par Trump.

Dans un même temps, la Cour a pris des positions fermes sur des affaires électorales en faveur de la validité des votes par correspondance, où Trump a été confronté à deux déceptions lors de cette session, témoignant d'une situation complexe pour son administration en matière d'élections.

Enfin, l'affaire d'E. Jean Carroll a également tourné à l'avantage de la plaignante, avec la Cour rejetant l'appel de Trump, le laissant sous le poids de ses condamnations pour agression sexuelle. Cette série de défaites pourrait influencer la dynamique de son administration à l'approche des élections à venir. NBC News fait état des réactions de Trump, qui parle d’injustice, tandis que son opposante, Roberta Kaplan, considère cette décision comme un tournant pour enfin mettre fin à son impunité.