Le 28 juin dernier, le Parlement israélien a officiellement reconnu le génocide arménien, un acte qui soulève des tensions déjà palpables entre Ankara et Tel-Aviv. Cette décision, longtemps évitée par Israël, intervient dans un contexte de guerre à Gaza et d'accusations de génocide contre l'État hébreu, incitant la presse turque à parler d'une démarche "opportuniste".

Ce génocide, qui a coûté la vie à près de 1,5 million d'Arméniens entre 1915 et 1917, est reconnu par plusieurs pays, dont la France. Le ministère turc des Affaires étrangères a réagi vivement, qualifiant cette reconnaissance d'hypocrite et d'illégitime, surtout alors qu'Israël est lui-même sous le feu des critiques pour ses actions à Gaza. "Le gouvernement israélien s'efforce de masquer ses propres crimes", a déclaré un responsable turc, rapporté par Diken.

La réaction de la presse turque ne se limite pas à la sphère gouvernementale. Des journaux d'opposition, comme Sözcü, dénoncent également cette initiative comme une "provocation malveillante" qui renie la réalité historique. De son côté, le quotidien Hürriyet souligne que certains analystes israéliens qualifient cette décision de "message politique" à Ankara.

Tensions en Syrie et en Méditerranée

Les relations entre Israël et la Turquie se sont détériorées, particulièrement depuis le début de la guerre civile syrienne. La Turquie et Israël se disputent l'influence en Syrie, tandis qu'Israël intensifie ses frappes dans la région. Des attaques israéliennes contre des cibles en Syrie ont récemment causé des morts, exacerbant encore les tensions. L’agence turque Anadolu rapporte que des frappes ont eu lieu près de la frontière turque.

Des éditorialistes comme ceux de Yeni Safak avertissent qu'Israël cherche à isoler la Turquie, en renforçant ses alliances avec la Grèce et Chypre dans le cadre de la stratégie militaire en Méditerranée.

Israël a longtemps évité de reconnaître le génocide arménien pour préserver ses relations avec la Turquie et l'Azerbaïdjan, qui lui est également crucial sur le plan militaire. Toutefois, lors des récents conflits dans la région, notamment lors de la guerre du Haut-Karabakh en 2020, des armements israéliens ont été utilisés par l'Azerbaïdjan, marquant un tournant dans les rapports géopolitiques. The Times of Israel a référencé des déploiements controversés de forces spéciales israéliennes en Azerbaïdjan.

À la lumière de toutes ces tensions, l'Azerbaïdjan a exprimé son mécontentement face à la décision israélienne, la qualifiant d'"inacceptable", comme rapporté par le quotidien Milliyet.