Trente-neuf individus ont été arrêtés samedi à Paris lors de deux manifestations interdites, l'une organisée par le Comité du 9-Mai, un groupe d'ultradroite, et l'autre, une contre-manifestation antifasciste. La préfecture de police de Paris a indiqué que 94 interpellations avaient eu lieu dans plusieurs zones de la capitale, y compris République, Pyramides, et Montparnasse.
Parmi les personnes interpellées, 39 ont été mises en garde à vue pour des motifs tels que participation à un groupement en vue de commettre des violences, dégradations, ou possession d'armes prohibées. En outre, environ 150 personnes ont été verbalisées pour ne pas avoir respecté les interdictions en vigueur.
Des manifestations sous haute tension
La manifestation organisée par le Comité du 9-Mai avait été prohibée après une décision de la préfecture, confirmée par le tribunal administratif et le Conseil d'État, justifiant cette décision par des risques de troubles à l'ordre public. La préfecture a évoqué des incidents survenus lors de précédentes manifestations, notamment des saluts nazis observés dans le cortège du groupe.
« Les manifestants ont le droit de se rassembler en toute sécurité, mais les interdictions doivent être respectées. Les affrontements entre ultradroite et ultragauche sont inacceptables », a déclaré un représentant de la préfecture.
Réactions et préoccupations
Un peu plus tard dans la journée, neuf personnes ont été placées en garde à vue pour des délits similaires. Selon des sources policières, la majorité des gardes à vue concernent des militants d'ultradroite.
Les membres du Comité du 9-Mai, qui commémorent chaque année la mort d’un de leurs militants, n'ont finalement pas pu se rassembler à leur emplacement habituel en raison d'un autre groupe de manifestants présents sur place.
« La préfecture est responsable de tout débordement », a commenté Raphaël Ayma, l'un des porte-parole du Comité, s'inquiétant d'une possible restriction de la liberté de manifester en France.
Un historique troublé
Le Comité du 9-Mai est connu pour commémorer l'anniversaire d'un ancien militant d'extrême droite, Sébastien Deyzieu, décédé en 1994. Lors d'une précédente manifestation, déjà interdite, près d'un millier de participants avaient défilé dans les rues de Paris, masqués et arborant des symboles néonazis.







