Depuis l'annonce de sa candidature à la présidentielle de 2027, Bruno Retailleau ne cesse de clamer qu'il "trace sa route". Le leader des Républicains s'efforce de se faire entendre sur la scène politique, bien que ses efforts n'aient pas encore porté tous leurs fruits, selon un conseiller proche. À un an du scrutin, il doit rattraper son retard sur ses rivaux.
"Nous profitons stratégiquement du silence assourdissant d’Édouard Philippe", souligne un membre de son équipe, "pour présenter nos propositions." Le programme du maire du Havre reste en attente, tandis que Gabriel Attal n’a pas encore fait son annonce officielle. Bruno Retailleau a donc choisi de se positionner comme la fourmi, laissant les deux anciens Premiers ministres, Philippe et Jean Castex, briller pour l'instant. Le Rassemblement National n’a pas encore désigné son candidat, laissant une opportunité à Retailleau.
Des propositions, un modèle
Le candidat souhaite finaliser son programme avant l'été. Un proche espère que son meeting du 20 juin sera une vitrine de sa force. Depuis le début de l'année 2026, il présente ses mesures sur des sujets variés comme le travail, l'agriculture, le narcotrafic et l'énergie, avec une forte insistance sur la fiabilité et le sérieux. Son modèle reste François Fillon, avec qui il entretient des liens étroits. "Pendant des mois, personne ne s'y intéressait", déclare-t-il, "et puis, l'on a réalisé qu'il avait le meilleur projet parce qu'il avait travaillé en amont." Toutefois, Retailleau se garde de reproduire l’erreur de Fillon, insistant sur le fait qu'il n'adoptera pas la stratégie du "sang et des larmes". Il promeut des promesses telles que l'instauration d'un 13e mois de salaire et la réduction des factures d'électricité.
Une technique efficace ?
Bruno Retailleau affiche une confiance dans son ascension sur l'échiquier électoral. Il a même déclaré cette semaine qu'il serait présent au second tour, convaincu que les tendances entre lui et Édouard Philippe vont s’inverser. Un de ses adversaires a reconnu qu’il existe "une petite dynamique Retailleau". Effectivement, l'ex-ministre de l'Intérieur gagne quelques points dans les sondages, se chiffrant entre 9 et 13 % des intentions de vote. En attendant, il aspire à se démarquer tant du macronisme que du Rassemblement National, en gardant l'ambition d'attirer leurs électeurs. Réussira-t-il dans cette quête ? Un proche de Retailleau confie : "Son accès au second tour n'est pas garanti", mais ajoute, "si nous y parvenons, nous avons de réelles chances de gagner."







