Ce vendredi, la question de la dissuasion nucléaire a été au cœur des discussions entre la France et l'Allemagne. Le chancelier Friedrich Merz a révélé avoir conduit des « conversations confidentielles » avec le président Emmanuel Macron concernant une « dissuasion nucléaire européenne ». Ce dialogue survient à l'approche d'un discours du président français prévu fin février, visant à réévaluer la doctrine nucléaire nationale.
Aujourd'hui, la France est unique au sein de l'Union européenne (et avec le Royaume-Uni, le seul en Europe) à posséder l'arme nucléaire. D'autres nations comptent sur la protection américaine à travers l'OTAN. Interrogé à Munich, Macron a exprimé sa volonté de « coupler » la doctrine nationale, protégée par la Constitution, avec des partenariats stratégiques et des exercices conjoints : « C’est une première historique avec l’Allemagne », a-t-il souligné.
Une défense européenne intégrée
Le président a également évoqué la nécessité d'une approche globale en matière de défense et de sécurité. D'après ses mots, il s'agit de favoriser une cohésion stratégique entre la France et l'Allemagne, alors que de nombreux responsables européens appellent à de nouvelles initiatives pour assurer la défense du continent. En ce sens, Le Monde a rapporté que certains analystes plaident pour un renforcement des capacités militaires européennes face aux défis actuels.
Cependant, Merz a rappelé une condition essentielle : toute évolution en matière de dissuasion doit être en accord avec l'engagement nucléaire au sein de l'OTAN. « Nous ne devons pas créer des zones de sécurité divergentes en Europe », a-t-il averti, à un moment où les États-Unis encouragent les Européens à intensifier leur implication dans la défense, particulièrement dans le cadre de la situation en Ukraine.







