Le président Emmanuel Macron a commémoré, le 13 février, Ilan Halimi, jeune homme de 23 ans torturé et tué il y a vingt ans, tout en plaidant pour une "peine d'inéligibilité" pour les élus condamnés pour actes antisémites.
Pour le vingtième anniversaire de la mort tragique d’Ilan Halimi, ce jeune homme juif, séquestré et torturé par le "gang des Barbares" en 2006 à Epinay-sur-Seine, Emmanuel Macron a exprimé son hommage à l’Élysée, entouré de la famille d’Ilan. Il a évoqué "un supplice innommable" et "un calvaire de vingt-quatre jours venu du fond des âges", simplement "parce qu'il était juif".
Le Président a également réitéré son rejet de l'antisémitisme sous toutes ses formes, signalant que celui-ci prend des "visages nouveaux". Il a dénoncé l’antisémitisme "islamiste", à l’origine de l’attaque du 7 octobre 2023, tout autant que celui "d'extrême droite", "d'extrême gauche", ou encore "celui qui se cache derrière l'antisionisme pour avancer discrètement".
Une société encore en lutte contre l'antisémitisme
Le président a souligné que, malgré deux décennies d'efforts, "l'hydre antisémite n'a cessé de progresser", infiltrant "chaque interstice" de la société française. En 2025, le ministère de l’Intérieur a enregistré 1.320 actes antisémites, bien qu'une baisse de 16 % par rapport à l'année précédente ait été constatée, ces actes représentent plus de la moitié des crimes antireligieux, comme le rapporte Le Parisien.
Une étude de l'Ifop, révélée récemment sur les attitudes des collégiens et lycéens, a mis en exergue la banalisation des préjugés antisémites dans les établissements scolaires, avec 44 % des jeunes ayant été exposés à des insultes antisémites.
Renforcer les lois contre l'antisémitisme
Emmanuel Macron a annoncé que le gouvernement travaillera à "un renforcement des peines contre les actes antisémites et racistes", qualifiant les sanctions actuelles de "trop souvent dérisoires". Il a proposé une "peine d'inéligibilité obligatoire" pour les élus condamnes pour "propos et actes antisémites, mais aussi racistes et discriminatoires". De plus, il a insisté sur la nécessité pour la France de "demander des comptes" aux réseaux sociaux pour assurer une surveillance efficace des contenus haineux, menaçant d'appliquer le droit européen pour des amendes significatives si les résultats ne sont pas satisfaisants.
Il a également adressé un message fort à la communauté juive : "Quand un juif est en danger, la patrie est en danger". "N'oubliez jamais cela. Votre place est ici, pas seulement parce que c'est votre pays, mais parce que la France a besoin de vous pour rester elle-même."
À l’issue de son discours, Emmanuel Macron a planté un chêne de 20 ans dans les jardins de l’Élysée, "symbole d’enracinement de la mémoire d’Ilan Halimi dans la République", en présence d’une de ses sœurs. Parallèlement, Marine Le Pen a inauguré une allée portant le nom d'Ilan Halimi à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).







