Dans un contexte où la communication digitale prend une ampleur sans précédent, un rapport parlementaire présenté récemment à Bercy met en lumière des dérives préoccupantes liées à l'influence en ligne. Le député socialiste Arthur Delaporte, co-auteur du rapport, note une inquiétante évolution des comportements sur les plateformes, en particulier TikTok, où les formats de diffusion en direct, tels que TikTok Shop, sont en plein essor.
Le document révèle des pratiques qui favorisent l'achat compulsif et la promotion de produits, souvent contrefaits ou non conformes, mettant ainsi en péril la sécurité des utilisateurs. "Ces nouvelles manières d'influencer semblent ignorer les droits des consommateurs et créent des conditions de consommation dangereuses," souligne l'expert en marketing digital, Jean-Claude Lemarchand, lors d'une interview avec France Inter.
Vers une régulation nécessaire
Pour remédier à ces dérives, le rapport formule 78 recommandations très précises. Parmi celles-ci, l'interdiction de promotion de produits destinés aux mineurs est mise en avant, ainsi qu'un système d'autorisation préalable pour les ventes. Il est également proposé de suspendre temporairement TikTok Shop afin de garantir sa conformité avec la législation sur la consommation.
Dans un climat où les discours masculinistes et les comportements violents commencent à prendre racine, le rapport préconise également la création d'un délit spécifiquement dédié à la répression de ces idéologies sur les réseaux sociaux. "Nous constatons une montée inquiétante de la violence verbale notamment dirigée vers les femmes, et il est crucial d'agir," affirme Delaporte.
Des experts en médias, tels que la sociologue Karine Guillemin de l'Université Paris Descartes, insistent sur la nécessité d'augmenter les moyens de contrôle des institutions telles que la DGCCRF. "L'enchevêtrement des réglementations et la rapidité des évolutions digitales demandent des adaptations plus audacieuses des pouvoirs publics," déclare-t-elle.
En conclusion, ce rapport dévoile non seulement des enjeux de sécurité alimentaire, mais également d'intégrité sociale sur les réseaux sociaux. La régulation des influenceurs pourrait bien devenir une des priorités des législateurs, à l'ère où la communication numérique est omniprésente.







