Avec une consommation d'œufs en pleine hausse, les intempéries récentes et la période festive ont engendré des ruptures de stock dans les supermarchés français début 2026.
Bien qu'il n'y ait pas de véritable « pénurie », les distributeurs soulignent des « difficultés logistiques » causées par une demande accrue et des conditions météorologiques défavorables. Les œufs, prisés pendant les fêtes, se font rares dans les rayons, situation aggravée par des « intempéries récentes » qui ont perturbé le système d'approvisionnement au niveau national.
Par exemple, le dimanche 11 janvier 2026, un Intermarché à Ivry-sur-Seine affichait une mention d'« rupture temporaire » au-dessus d'étagères vides, tandis que d'autres points de vente, comme Monoprix à Paris, connaissaient des étals clairsemés.
Une situation tendue
Le Comité national pour la promotion de l'œuf (CNPO) tire la sonnette d'alarme depuis plusieurs mois sur les complications d'approvisionnement. Selon leur dernier communiqué, la traditionnelle augmentation de la consommation d'œufs pendant les fêtes, combinée aux conditions météorologiques défavorables apportées par la tempête Goretti, a entraîné une « tension accrue » sur le marché.
Cette crise concerne toutes les chaînes de distribution. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a expliqué que les problèmes logistiques causés par la neige ont été exacerbés par la tempête, rendant le flux d'approvisionnement très vulnérable : « Le moindre incident a des répercussions immédiates », a-t-elle précisé.
Malgré ces difficultés, la FCD insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une « pénurie », relevant une augmentation de 6 % des volumes d'œufs vendus par rapport à l'année précédente. Les inquiétudes concernant le terme « pénurie » risquent de provoquer des comportements d'achat excessifs chez les consommateurs, exacerbant encore le vide dans les rayons.
Des défis structurels sous-jacents
Pour faire face à la hausse de la demande, l'industrie de l'œuf a engagé des actions, comme le prolongement de la durée de vie des poules pondeuses. D'autres stratégies impliquent un plaidoyer pour assouplir les réglementations afin de faciliter la construction de nouveaux poulaillers, avec un objectif ambitieux de 300 nouveaux bâtiments d'ici 2030.
En parallèle, un problème structurel plus profond persiste. Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, a reconnu que « l'offre d'œufs en France demeure insuffisante » en raison des réglementations complexes entourant la construction d'installations d'élevage. En 2024, la France avait produit 15,4 milliards d'œufs, se plaçant au premier rang en Europe. Cependant, la demande est désormais passée à 240 œufs par habitant, par an, contre 226 l'année précédente, selon des études récentes.
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