La Réserve fédérale américaine se trouve dans une tempête sans précédent. Le président de la Fed, Jerome Powell, a récemment rompu son silence pour défendre l’intégrité de l’institution qu'il dirige, désormais menacée selon lui par l'administration Trump. Lors d'une déclaration vidéo inhabituelle, Powell a insisté sur le fait qu'il ne céderait pas aux pressions politiques qui visent à influencer la politique monétaire.
La situation s'est intensifiée avec l'annonce d'une enquête menée par le ministère de la Justice, qui pourrait déboucher sur des poursuites à l'encontre de Powell. Ce dernier a jugé cette démarche "sans précédent" et sans fondement, arguant que les mesures de la Fed n'allaient pas dans le sens souhaité par le président Trump, qui réclame des taux d'intérêt plus bas pour relancer l'économie.
Des experts comme David Wessel, chercheur à la Brookings Institution, notent que Trump semble exploiter les préoccupations des Américains concernant le coût de la vie pour légitimer ses attaques. "C'est un jeu dangereux", souligne Wessel, car les marchés, tout comme le parti républicain, pourraient réagir défavorablement aux tentatives de contraception de l'indépendance de la Fed.
Cela a également suscité des réactions parmi les anciens présidents de la Fed, tels qu’Alan Greenspan et Janet Yellen, qui ont condamné cette instrumentalisation de la justice. Dans un communiqué, ils ont affirmé qu'une telle démarche "n'a pas sa place aux États-Unis", soulignant que l'indépendance de la banque centrale est essentielle pour maintenir la stabilité économique. "C'est ainsi que la politique monétaire est conduite dans des économies à institutions fragiles", ont-ils précisé.
Au sein même du parti républicain, des voix commencent à se faire entendre contre cette situation. La sénatrice Lisa Murkowski a exprimé son inquiétude sur le réseau social X, affirmant que "si la Réserve fédérale perd son indépendance, la stabilité de nos marchés et de l'économie en souffrira". Son collègue Tom Tillis a partagé des sentiments similaires, menaçant de bloquer toute nomination de Trump à la tête de la Fed tant que cette affaire perdurerait.
Depuis son retour au pouvoir, Trump exige des baisses des taux d'intérêt pour stimuler la croissance, tout en qualifiant Powell d’"abruti" parmi d'autres attaques. L'impact de ce débat est déjà visible, Wall Street a ouvert en baisse et le dollar a perdu de sa valeur face aux autres devises tandis que les valeurs refuges comme l'or ont atteint des sommets.
En fin de compte, il semble que l'indépendance de la Réserve fédérale et la stabilité économique des États-Unis soient en jeu dans une bataille politique qui continue de faire des vagues.







