Depuis plus d'une semaine, l'autoroute AP-7, reliant directement Perpignan à Barcelone, est complètement obstruée à cause d'une action menée par des agriculteurs catalans. Ces derniers, décidés à exprimer leur mécontentement, ont stationné des dizaines de tracteurs sur une section de 20 km près de Pontós, entraînant des bouchons considérables.
Les manifestants, regroupés en plusieurs équipes, continuent de maintenir une présence constante, jour et nuit, créant un véritable campement sur place. Ils reçoivent parfois le soutien des habitants locaux, solidifiant ainsi leur détermination. Le trajet entre Perpignan et Barcelone, qui dure habituellement deux heures, prend désormais près de trois heures, accentuant la frustration des automobilistes.
La police catalane a choisi de ne pas intervenir de manière proactive, se contentant d'une vigilance discrète. Contrairement aux autorités français qui ont récemment fossilisé une mobilisation similaire sur l'A9, les forces de l'ordre espagnoles laissent les agriculteurs bénéficier de la liberté d'action.
Ce blocage est le point névralgique d'une série d'actions coordonnées à travers la Catalogne, bien que d'autres points de blocage persistent dans la région, y compris la C-16 et la N-II, et ce, malgré la levée du blocage au Port de Tarragona, rapportent les sources locales comme El Periódico.
Les agriculteurs s'opposent vigoureusement à l'accord récemment approuvé entre l'Union européenne et le Mercosur, craignant qu'un afflux de produits sud-américains moins chers n'affecte leurs exploitations. Ils exhortent le gouvernement catalan à faire pression sur Madrid pour réexaminer cet accord, dont les implications économiques sont perçues comme menaçantes pour l'agriculture locale.
Ce mouvement est orchestré par Revolta Pagesa, un collectif de protestation qui vise à défendre les intérêts des exploitations familiales face aux évolutions desfavorables de la politique agricole. La situation pourrait évoluer alors que le président de la Catalogne, Salvador Illa, doit rencontrer les agriculteurs dans les prochains jours pour discuter de leurs revendications.







