Depuis l’ouverture du centre pour migrants situé dans une ancienne maison de retraite, la situation a connu une transformation notable. Avec des travaux limités à un rafraîchissement des lieux et l’aménagement de 60 chambres avec kitchenette et salle de bain, ce lieu d’hébergement provisoire offre un refuge à ceux en attente de retourner dans leur pays d’origine. Contrairement à un centre de rétention, ce dispositif permet de finaliser les formalités administratives avant un vol vers le pays natal.
Dans l’une de ces chambres, Mohamed, un réfugié syrien, partage son expérience. Après avoir fui le régime de Bachar el-Assad et séjourné en Algérie, il a trouvé refuge en France et occupe un emploi comme ouvrier agricole près de Perpignan. En évoquant son retour en Syrie, il confie : "Nous étions bien ici, mais notre cœur est chez nous. C’est là-bas que nous aspirons à aller, même si cela me rend triste de quitter la France." Cela fait six ans qu’il a quitté son pays, et aujourd’hui, il se sent prêt à retrouver la terre de ses ancêtres.
Un cas similaire est celui de Gotcha, originaire de Géorgie, qui a vu sa demande d’asile rejetée. "Je ne me sens pas bien dans mon pays, mais je n’ai plus de choix", confie-t-il. Plutôt que de sombrer dans la précarité, après avoir dormi dans une voiture pendant un an et demi, il se voit contraint de retourner dans ce qu’il décrit comme un régime quasi-dictatorial.
Cette évolution n’a pas eu lieu sans résistance. Dès l’annonce de l’ouverture du centre, des manifestations ont eu lieu, suscitant des craintes parmi les habitants. Pour illustrer cette transition, Marco et Colette, maritalement liés à Saint-Lys, précisent : "Au début, il y avait des inquiétudes concernant la sécurité, mais aujourd’hui tout se passe bien. Les résidents se fondent totalement dans le paysage local."
Colette ajoute : "On avait des doutes, on les voit de temps en temps, mais je n’ai jamais eu l'impression qu’ils nous causeraient du tort." Cette normalisation est attribuée aux efforts de communication mis en place, comme l’explique Tatiana Poulot, directrice territoriale chez Adoma, l'entité gérant le centre. "Nous avons instauré des comités de pilotage régulièrement avec la municipalité, ce qui a créé un lien de confiance solide. Aujourd’hui, ces comités ne sont plus nécessaires car l’intégration est effective", précise-t-elle.
En 2025, le centre a accueilli 330 résidents, avec une durée moyenne de séjour de 24 jours, illustrant la fonction temporaire et humanitaire de ce dispositif. Les opinions d'experts sur l'accueil des migrants soulignent l'importance d'accompagner ces personnes en situation précaire, permettant ainsi une meilleure intégration et réduction des tensions sociales.
Alors que la France continue de gérer des flux migratoires complexes, l'exemple de Saint-Lys montre qu'avec une volonté d’ouverture et de compréhension, il est possible de construire des ponts entre les cultures et de favoriser une coexistence paisible.







