À l'occasion des 250 ans de l'indépendance des États-Unis, des tuk-tuk de New Delhi se parent de banderoles ornées du visage de Donald Trump. Cette initiative, orchestrée par l'ambassade américaine, coïncide avec la visite très attendue de Marco Rubio, le secrétaire d'État américain, dans le pays.
Les célèbres triporteurs, emblématiques de la capitale indienne, circulent avec fierté, arborant des messages tels que "Joyeux anniversaire, l'Amérique !" sur leurs capotes. La campagne visuelle, qui vise à célébrer des "images emblématiques de l'Amérique", a été lancée par l'ambassadeur des États-Unis en Inde, Sergio Gor, ancien proche conseiller de Trump.
"Des milliers de tuk-tuk seront sponsorisés pour promouvoir les valeurs américaines et célébrer cet anniversaire," a déclaré une source de l'ambassade à l'AFP.
Dans un coin animé de la ville, Tushar, un jeune homme de 24 ans, fixe avec détermination une housse avec le visage de Trump sur son rickshaw. "Nous recevons quotidiennement entre 60 et 70 housses," explique-t-il, tout en tentant de convaincre les chauffeurs d'accepter ce sponsoring, qu'il propose souvent accompagné de petits cadeaux comme des sachets de thé.
Cependant, tous ne sont pas partants. Certains évoquent leurs préoccupations concernant le climat géopolitique tendu, notamment les répercussions du récent conflit au Moyen-Orient, qui affectent leur vie quotidienne. "L'Inde, troisième plus gros importateur de pétrole, ressent les effets de la fermeture du détroit d'Ormuz sur sa consommation de brut," précise un expert économique. Cette situation a poussé le gouvernement à mettre en place des mesures d'austérité, augmentant ainsi les prix du carburant et provoquant le mécontentement des conducteurs de tuk-tuk.
Tout en pesant le pour et le contre, Murari Lal, un chauffeur de tuk-tuk, admet que bien qu'il puisse bénéficier d'une nouvelle capote gratuite, il n'apprécie pas l'image de Trump : "Je sais que c'est lui, mais je préfère ne pas l'afficher sur mon véhicule." Un autre chauffeur, qui a souhaité rester anonyme, partage son pessimisme : "Trump a tout gâché, même si c'est gratuit, je n’en veux pas !".
Malgré une réglementation qui interdit l'affichage de publicités sur les tuk-tuk, beaucoup choisissent de prendre le risque en affichant des marques variées, allant des écoles de langues aux services de santé, parfois ponctuées de slogans nationalistes tels que "Mon Inde est grande". Tushar note qu’il fait face à des refus fréquents en raison du mécontentement général envers Trump, notamment à cause des tensions géopolitiques.
Alors que Marco Rubio s'apprête à visiter plusieurs villes indiennes, dont Calcutta, le monde des tuk-tuk à New Delhi continue d'osciller entre fierté et protestation, reflétant le tissu complexe des relations indo-américaines.







