Au moins 25 personnes ont perdu la vie au Honduras dans deux attaques séparées, attribuées à des groupes criminels, selon des sources officielles.
Ces événements tragiques interviennent alors que le Parlement a récemment approuvé des réformes censées lutter contre la criminalité organisée, un fléau qui touche le pays d'Amérique centrale.
Dans un incident survenu à Rigores, un village proche de Trujillo, au moins 19 ouvriers agricoles ont été tués de manière brutale. Ce lieu est actuellement sous le contrôle de gangs qui exploitent illégalement des plantations de palmiers à huile.
Yuri Mora, porte-parole du parquet, a déclaré à la chaîne de télévision locale HCH : "Nous avons identifié 13 victimes sur l'un des sites, et six sur l'autre". Ces assassinats semblent être l'œuvre de membres d'un groupement criminel, selon des témoignages d'habitants. Adilia Castro, une dirigeante locale, a déclaré à l'AFP : "Il s'agit de paysans du mouvement agricole de Rigores".
Des images diffusées par des médias régionaux ont montré des corps éparpillés, soulignant la violence de l'attaque. Le ministre de la Sécurité, Gerzon Velásquez, a rapporté que "plusieurs personnes avaient été exécutées avec des armes lourdes, probablement des fusils".
Rigores est sous le contrôle de groupes criminels qui tirent profit des plantations d'huile de palme, comme l'a confirmé Carlos Rojas, chef de la police locale. "Cet argent leur permet de s'acheter des armes pour régner sur la région", a-t-il ajouté.
Ce massacre sans précédent dans cette zone déjà affectée par la violence des narcotrafiquants et des usurpateurs de terres a provoqué une onde de choc au sein de la population.
En outre, à Omoa, cinq policiers et un civil ont été tués jeudi lors d'affrontements avec présumés narcotrafiquants. Edgardo Barahona, porte-parole de la police hondurienne, a précisé qu'ils avaient retrouvé les victimes dans une zone montagneuse à la frontière entre le Honduras et le Guatemala.
Face à ces violences insupportables, le gouvernement a ordonné le déploiement immédiat de forces de sécurité à Trujillo et Omoa. Le président Nasry Asfura a promis que les autorités poursuivraient et traduiraient en justice les responsables. "C'est une blessure supplémentaire que le Honduras ne mérite pas", a-t-il déclaré, ajoutant que ces actes ne resteraient pas impunis.
Ces événements surviennent dans un contexte où le parlement a récemment adopté un ensemble de réformes visant à lutter contre la criminalité, incluant un rôle accru de l'armée dans les missions de sécurité publique et des mesures pour désigner certaines organisations criminelles comme terroristes.
Avec un taux d'homicides atteignant 24 pour 100 000 habitants, la situation au Honduras demeure alarmante. Le pays est gouverné par M. Asfura, élu en janvier dans un climat de contestation, après des élections marquées par des allégations de fraude.
Les Honduriens ont sanctionné la gauche qui était au pouvoir, contribuant à rendre le pays plus vulnérable face à la violence des gangs et au trafic de drogue. Malgré des tentatives d'intervention, l'État peine à restaurer la paix et la sécurité.







