Le producteur de Werenoi, Babiry Sacko, surnommé Babs, a comparu devant le tribunal de Bobigny pour répondre d'accusations de violences aggravées à l'encontre d'une amie du rappeur décédé. Ce dernier, Jérémie Bany Owona, connu pour son impact sur la scène rap française, est mort le 17 mai, laissant place à des conflits éclatants au sein de son entourage.
Lors de l'audience, Babs a nié avoir porté le moindre coup à Fatima B., une femme de 35 ans, malgré des allégations selon lesquelles elle aurait été agressée dans un bar de Montreuil. Les tensions qui entourent ce procès sont exacerbées par des demandes financières de Babs, qui réclame un million d'euros à la victime pour un projet immobilier avorté à Dubaï.
Fatima B. a décrit des scènes d'une violence inouïe, affirmant qu'elle avait été frappée, étranglée et menacée de mort. Elle a revendiqué sept jours d'incapacité totale de travail, une situation corroborée par des témoignages de proches. Des experts évoquent la culture du macho dans certains cercles du rap, indiquant que de telles accusations devraient être prises très au sérieux.
Babs, pourtant en semi-liberté suite à une condamnation antérieure pour extorsion, a fait preuve d'un arrogance rare en cour. Il a même qualifié Fatima de "voleuse" tout en insistant sur le fait qu'il n'avait pas eu de comportement violent, une déclaration qui a soulevé des scepticismes parmi les observateurs de la scène judiciaire.
Le procureur a souligné la nécessité de prendre des mesures de protection pour la victime, réclamant une peine d'emprisonnement aménagé pour Babs, une proposition qui a suscité des débats parmi les avocats présents. Comme le notent des experts juridiques, ce type de violence doit être traité avec une grande rigueur, surtout dans le contexte des traumatismes psychologiques exacerbés par des événements récents.
La décision finale sera rendue le 19 février, mais cette affaire soulève d’ores et déjà des questions sur la gestion des conflits financiers et des comportements violents dans le milieu du rap en France, et elle n’est pas sans rappeler d’autres incidents similaires dans le passé. Les voix qui s’élèvent pour dénoncer cette culture de la violence et du silence grandissent chaque jour, comme en témoignent les récents rapports de médias tels que Le Monde et France Info.







