Des aéroports et des compagnies aériennes à travers l'Europe sonnent l'alarme ce mercredi concernant les risques de "graves perturbations" du trafic aérien cet été, dues à l'instauration du nouveau système d'entrée/sortie (EES) dans l'espace Schengen. Ils demandent une "révision immédiate" de ce dispositif.
"Sans interventions rapides visant à établir une flexibilité suffisante, des attentes de plusieurs heures dans les files d'attente pourraient devenir la norme pendant les mois estivaux", préviennent dans un communiqué commun ACI Europe (Conseil international des aéroports), Airlines for Europe (A4E) et l'IATA (l'association internationale du transport aérien).
Dans une lettre adressée à Magnus Brunner, le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, les trois organisations font état de "temps d'attente excessifs", allant jusqu'à deux heures, qu'ils ont déjà constatés depuis l'implémentation du nouveau système d'entrée/sortie.
À terme, l'EES remplacera les tampons manuels, en permettant la collecte des données biométriques et des informations des voyageurs, ainsi que le suivi des entrées et sorties afin de limiter les séjours prolongés non autorisés.
Les organisations soulignent dans leur missive un "sous-effectif chronique" aux postes de contrôle aux frontières et évoquent des "problèmes technologiques non résolus" qui entravent l'automatisation du processus.
Elles requièrent donc que la Commission confirme aux États membres de Schengen la possibilité de suspendre, partiellement ou totalement, le système EES jusqu'à fin octobre 2026.
Introduit progressivement depuis le 12 octobre, l'EES est désormais en vigueur aux frontières terrestres, maritimes et dans les aéroports de l'UE. Actuellement, 35% des visiteurs de pays tiers sont enregistrés, avec un objectif d'atteindre 100% d'ici le 10 avril, juste avant le début de la saison touristique haute.







