Le tribunal correctionnel de Toulouse a frappé un coup d'arrêt au chantier de l’A69, autoroute controversée reliant Toulouse à Castres. Le 12 janvier, une décision judiciaire a ordonné à Atosca, l'entreprise en charge du projet, de cesser immédiatement les travaux sur les zones où elle avait entreposé du matériel sans autorisation, créant ainsi un nouveau combat dans le débat sur l'impact environnemental des infrastructures routières.
La juge des libertés et de la détention a précisé dans son délibéré qu'Atosca devait « suspendre immédiatement les travaux en cours et prévus en dehors de l’emprise visée par l’autorisation environnementale ». Cette mesure intervient après que les préfets du Tarn et de Haute-Garonne ait émis des arrêtés interdisant la poursuite des travaux dans les zones incriminées, comme l’a rapporté France Info.
Atosca dispose désormais de quatre jours pour mettre en conformité son chantier, sans quoi elle sera passible d'une amende quotidienne de 20 000 €, comme l'a précisé le procureur de Toulouse. Des agents de l'Office français de la biodiversité (OFB) seront chargés de superviser et de vérifier la cessation de l'occupation illégale des parcelles.
Des conséquences environnementales préoccupantes
Lundi, la porte-parole d'Atosca a communiqué que l'entreprise s'engageait à respecter cette décision judiciaire, tout en soulignant que le dépassement était de nature « temporaire », affectant des zones bordant l'autoroute. Cependant, les opposants au projet ne voient pas d'un bon œil ces infractions et continuent de faire pression pour une réévaluation du projet dans son ensemble. Alice Terrasse, une avocate représentant des groupes adverses, a déclaré que « 10,7 % du chantier sont complètement hors cadre légal », appelant à une prise de conscience sur l'impact des constructions sur l'écosystème local.
Alors que les travaux avancent sur le tracé principal, soutenus par une décision favorable du conseil administratif le 30 décembre, le sujet reste sensible. Les opposants qualifient cette autoroute comme un symbole des luttes pour la préservation de l'environnement et envisagent de se pourvoir en cassation pour contester cette décision. Ces tensions révèlent une fracture croissante dans la société française concernant le développement d'infrastructures et la protection de l'environnement.
En attendant, les enjeux de ce chantier continuent d'alimenter un débat déjà bien enclenché au sein de la société française, où la nécessité de transport semble souvent entrer en conflit avec les impératifs écologiques. Atosca a annoncé que le but reste de livrer cette voie rapide à l'automne 2026, mais dans quel état, reste à voir.







