Malgré des températures glaciales de -6°C à Lisieux, les sans-abri doivent se contenter d'un accueil de jour, ouvert depuis le 5 novembre 2025 dans l'ancien tribunal de commerce. Chaque jour, plus de 40 personnes s'y réfugient, mais l'absence d'une solution pour la nuit suscite l'inquiétude.
La Direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS) explique que la décision de ne pas ouvrir d'accueil collectif de nuit est fondée sur des « retours non exprimés » des associations locales. Eric Seguin, directeur de la DDETS, indique que la situation à Lisieux n'a pas nécessité une action d'urgence, contrairement à d'autres villes comme Caen où des centres d'hébergement d'urgence ont été activés face à des vagues de froid.
Les autorités avancent également un questionnement financier : l'État a alloué 50 000 € pour le fonctionnement de l'accueil de jour jusqu'à la fin de la trêve hivernale, mais la mise en place d'un service nocturne impliquerait un coût supplémentaire pour le personnel en raison des horaires nocturnes, ce qui complique la prise de décision. Comme le souligne un expert en politique sociale, « l'enjeu financier doit être soigneusement évalué en tenant compte des besoins réels des populations vulnérables ».
Malgré cela, la DDETS rappelle l'existence de 20 places d'hébergement d'urgence disponibles en ville ainsi que 32 places en centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRSS), mais ces options sont soumises à une régulation par le service d'urgence 115.
Cette situation soulève des interrogations sur la gestion des ressources destinées aux plus démunis. Certains acteurs associatifs plaident pour une meilleure reconnaissance des besoins d'hébergement, particulièrement pendant les périodes de grand froid. La nécessité d'un accueil de nuit pour les sans-abri à Lisieux apparaît donc comme une question pressante à laquelle il convient de répondre rapidement.







